Michelle Obama mobilise (encore) le web

Par Augustin Arrivé / le 08 mai 2014
Michelle Obama mobilise (encore) le web
En tweetant un appel à la libération des Nigérianes kidnappées par Boko Haram, Michelle Obama a enfin braqué des projecteurs, jusqu'ici quasi-absents, sur la menace islamiste dans le Nord du pays.

 

 

Comme à chaque fois que les Obama tweetent quelque chose, il s'est créé subitement hier sur toute la planète une rampe de lancement médiatique en or massif. En l'occurrence, il ne s'agissait que d'une photo de la First Lady en mimique Droopy et de deux phrases ("Nos prières vont aux Nigérianes disparues et à leurs familles. Il est temps de nous rendre nos filles"). Déjà plus de 41.000 retweets.

 

 

Rappelons l'histoire : plus de 200 lycéennes enlevées le 14 avril à Chibok, une ville du Nord-Est du Nigéria. Onze autres ont connu le même sort le 4 mai. Le lendemain, le chef de Boko Haram, groupe islamiste armé qui sévit dans la région, balançait ses menaces en vidéo sur internet : mariage forcé et esclavage.

 

Aboubakar Shekau, le chef de Boko Haram, traduit par la rédaction du Monde

 

Le 23 avril, une semaine après le 1er enlèvement, la mobilisation gagne Twitter. Lors d'une cérémonie de l'UNESCO au Nigéria, Oby Ezekwelisi, vice-présidente de la branche africaine de la Banque mondiale, fait un discours et lâche la phrase qui va devenir le hashtag de la révolte : #BringBackOurGirls ("rendez-nous nos filles"). Des spectateurs tweetent cette phrase, reprise plus d'un million de fois sur le réseau social. Une pétition en ligne recueillent 400.000 signatures.

 

 

Jusqu'ici, le président nigérian, Goodluck Jonathan, n'a pas fait grand chose pour lutter contre ces activistes. Le Nord, c'est loin de la capitale, loin des ressources pétrolières. Et s'attaquer aux islamistes peut s'avérer dangereux : le risque d'une escalade comme au Mali est bien réel. Il a donc laissé, des années durant, la situation se détériorer. L'implication des Obama va faire évoluer les positions.

Ce jeudi matin, en ouverture du Forum économique pour l'Afrique, Goodluck Jonathan a clairement viré de bord. Lui qui, il y a quelques jours, faisait arrêter les leaders d'opinion qui réclamaient une action gouvernementale, prétend aujourd'hui que l'enlèvement des lycéennes "marque le début de la fin du terrorisme au Nigéria".

 

 

Le couple Obama a ce pouvoir. Michelle et son mari, qui a promis mercredi l'envoi de troupes américaines sur place. On ne contredit pas Barack Obama. Dans son sillage, Laurent Fabius a mis à disposition une "équipe spécialisée", pour aider aux recherches. La Chine pourrait également contribuer, sans qu'on sache encore comment. organisaient des manifs. Le président nigérian a déjà promis 215.000€ de récompense à quiconque aurait des infos. Pour lui, politiquement, ce positionnement est délicat, et mieux vaut que l'affaire se termine vite : nous ne sommes plus qu'à un an de la fin de son mandat.

 

Le collectif Action Discrète a un projet de film au Nigéria. Plus d'infos par ici.

En 2012, quand on parlait du Nigéria, c'était pour saluer le mouvement Occupy. Cliquez .


Photo de couverture : compte Twitter de Michelle Obama (@FLOTUS)

 

Par Augustin Arrivé / le 08 mai 2014

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