Les yakuzas face à la contestation

Par Audrey Morellato / le 08 août 2013
Les yakuzas face à la contestation
Une restauratrice japonaise a porté plainte pour racket contre le patron du plus grand groupe mafieux du pays. Une décision qui montre la montée d'une résistance "anti-yakuzas" depuis plusieurs années.

 

 

On est bien loin ici de l'ambiance Cosa nostra, avec ses murmures et ses réunions secrètes. Au Japon, les 22 "forces anti-sociales" ont pignon sur rue depuis plusieurs siècles déjà. Pourtant, en 1991, les autorités ont mis en place la première loi anti-mafia pour contrôler davantage leurs activités. Vingt ans plus tard, le pays s'est doté d'un véritable arsenal législatif et dorénavant, la contestation des yakuzas est aussi menée par la société civile. En tout cas, les enquêtes sur ce milieu se multiplient.

 

Le reportage d'Audrey Morellato

 

Récemment, les yakuzas ont fait parler d'eux avec la diffusion d'un journal qui leur était spécifiquement destiné. Il s'appelle Yamagumi Shinpo, inspiré directement du nom du plus grand gang japonais, le Yamaguchi-gumi. La sortie de ce magazine avait interpellé bon nombre d'Occidentaux mais en fait, ce genre de littérature n'est pas rare du tout au Japon. 

 

Stéphane Quéré tient le blog crimorg.com, il a aussi écrit "Planète mafias", aux éditions La manufacture de livres.

 

Avoir sa propre presse, c'est aussi un moyen de solidifier les liens entre yakuzas d'un même clan, et surtout de se montrer aux personnes extérieures. Il faut dire que les gangs japonais ont bien besoin de redorer leur blason. En un an, 7.500 yakuzas ont quitté ces organisations. Une véritable crise des vocations, en partie due au code d'honneur très strict de ces groupes. Mais c'est aussi l'image des yakuzas qui a été ternie par la crise économique. Ou plutôt les crises économiques. D'abord celle du début des années 1990, avec l'éclatement de la bulle immobilière. A l'époque, les différents groupes mafieux sont largement désignés comme responsables. Ensuite la crise actuelle, parce que les yakuzas sont accusés d'enfoncer davantage les plus pauvres.

 

Rappelons quand même qu'en japonais, yakuza signifie "bon à rien". Ils auront en tout cas inspiré les plus grands cinéastes, comme Takeshi Kitano dans Outrage.

Bande annonce de Outrage, de Takeshi Kitano, en 2010

Par Audrey Morellato / le 08 août 2013

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