Les Who dans un sous-marin jaune

/ le 27 juin 2013
C'est quoi ce concept ?
A l'occasion de la ressortie en salles de Quadrophenia, adapté d'un album des Who, le Mouv' revient sur les concepts albums passés de la platine au grand écran.

 

Petite pochette sur grand écran, écoutez le reportage de Sébastien Sabiron :

 

 

 

1979. L'Angleterre en pleine vague punk découvre l'histoire de Jimmy, un jeune Mod révolté du swinging London. Révolté contre ses parents, contre le clan des rockers, contre la société toute entière. Quadrophenia, c'est un peu West Side Story à la sauce british, chronique d'une jeunesse rebelle, la guimauve en moins. Tiré d'un album concept des Who composé dix ans plus tot par le guitariste Pete Townshend, le film est ressorti hier dans une version restaurée.

   

 

 

 

 

Quadrophenia est la seconde incursion des Who sur grand écran. Quatre ans plus tôt sortait Tommy, basé sur l'album du même nom. Délire psychédélique et surréaliste, Tommy est considéré comme le premier opéra rock de l'histoire. Avec des caméos remarqués : Elton John en "Pinball Wizzard", Tina Turner en "Acid Queen" et Jack Nicholson qui pousse la chansonnette.

 

 

 

 

 

 

 

Mais l'opéra rock définitif sort en 1982. Le concept-qui-donne-un-disque-qui-donne-un-film : The Wall, d'Alan Parker, raconte le pétage de plomb d'une rock star qui tente de bâtir un mur entre lui et son public. Sorti en vinyle trois ans plus tôt, The Wall est le plus grand succès commercial de Pink Floyd, le double album le plus vendu au monde. Le bassiste Roger Waters évoque sa lassitude d'un public trop dissipé à son goût pendant les concerts. Et au ciné, ça donne un truc dément.

 

 

 

 

 

 

 

Bien avant les marteaux animés d'Alan Parker, les Beatles squattaient déjà les salles obscures. Inventeurs du concept album avec leur Sgt. Pepper's Lonely hearts club band, les Fab Four apparaissent dans nombre de panouilles à destination des groupies. Dans le genre concept, on retiendra Yellow Submarine en 1968 et surtout Magical Mystery Tour. Diffusé par la BBC en 1967 et sorti en salle dix ans plus tard (puis en 2012) c'est la pochette d'album la plus laide de l'histoire du groupe. Mais aussi leur plus grand délire psychédélique.

 

 

 

 

 

 

Sous nos contrées nourries aux tubes périssables des yéyés, l'album concept est un concept... rare. Seul Gainsbourg s'y est essayé, brillamment. En 1971, le grand Serge met la dernière touche à son chef d'oeuvre : Histoire de Melody Nelson. Il n'en vendra que 10 000 exemplaires à sa sortie. Mille fois citée depuis, empruntée par Beck dans Sea Changes, la mélodie de Melody a elle aussi été transposée en images. Le pape du fond bleu Jean-Christophe Averty en fait un long clip pour la télé.

 

 

 

 

 

 

Plus proches de nous, les Daft Punk (un concept à eux tous seuls) s'offrent les services de Leiji Matsumoto, le papa d'Albator. Fans absolus de la série, le duo versaillais parvient à convaincre le maître mangaka de concevoir la version animée de leur album Discovery. Interstella 5555 sort en mai 2003. Une sortie relativement confidentielle face à Matrix Reloaded, la même semaine. Mais le space opera poétique de 90 minutes relance la carrière de Matsumoto.

 

 

 

 

 

 

Signalons enfin qu'avant de devenir un blockbuster fadasse taillé pour Hugh Jackman, les Misérables était aussi un concept album (encore plus loin dans le passé, il y a eu un roman, mais vous êtes au courant.) Ecrit par Claude-Michel Schönberg (l'ex-mari de Béatrice), le double album sort en 1980 et devient une comédie musicale sur la scène du Palais des Sports. Traduite en anglais, elle voyage ensuite à Londres puis à Broadway, avant d'arriver au ciné en février 2013.

 

 

 

Reportage de Sébastien Sabiron (@sebsabiron)

 

/ le 27 juin 2013

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