Les visages du printemps turc: Timour

/ le 03 juin 2013
Les visages du printemps turc: Timour
Timour est lyonnais. Mais sa famille est turque, et d'ailleurs ça fait une douzaine d'années qu'il vit à Istanbul. Mais le dépaysement, il le ressent encore plus depuis quelques mois. Depuis qu'un discours fondamentaliste a commencé à s'installer dans son voisinage.

 

 

 

C'est le plus Lyonnais des Stambouliotes, ou le contraire, je ne sais pas. Son français est impeccable et il connait probablement Fourvière aussi bien que Sultanahmet. Timour n'est arrivé en Turquie qu'après la fin du lycée. Il se plait à Istanbul, il y a désormais ses marques, mais il sent bien que la ville est en train de changer. Surtout sa banlieue, où les propos d'Erdogan ont davantage d'echo.

 

 

 

Petit à petit (les Français ont connu ça), à force d'entendre régulièrement un discours décomplexé, on finit par trouver ça normal et il rentre dans les moeurs. C'est ainsi que Recep Tayyip Erdogan, en répétant à tours d'interviews ses leçons de morales religieuses, a réussi à convaincre une partie de la population du bien-fondé de ce fais-pas-ci/fais-pas-ça liberticide.

 

 

Pour Timour, il est temps d'agir avant que la situation s'agrave. Il ne laissera pas à ses futurs enfants une société fondamentaliste. Il croit en la force de cette solidarité inédite qu'il constate au parc Gezi. Jusqu'à présent, les communautés se craignaient ou s'ignoraient. En s'unissant aujourd'hui, elles peuvent réussir des merveilles.

 

 

Dans son sac, il garde un masque, et de quoi apaiser ses yeux en cas d'attaque. Il va se battre pour sa liberté, mais seulement après avoir fini son coca: il faut en profiter tant qu'on peut encore en siroter un en terrasse.

 

Le petit plaisir menacé d'un verre en terrasse avec des amis, par Augustin Arrivé

 

D'autres rebelles sont à rencontrer sur lemouv.fr

/ le 03 juin 2013

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