Les visages du printemps turc: Jan Peter

/ le 03 juin 2013
Les visages du printemps turc: Jan Peter
Il ne vous dira jamais qu'il soutient les manifestants. Mais Jan Peter, le directeur hollandais de l'hôtel de luxe qui borde le parc, leur a ouvert ses portes chaque soir quand ils fuyaient le gaz des policiers. Un businessman qui reste neutre dans les paroles, pas dans les actes.

 

 

 

Un Hollandais apparemment richissime peut-il être considéré comme un acteur du printemps turc? La question peut se poser quand on rencontre Jan Peter, près d'une fontaine majestueuse, dans le hall de son palace. Dorures, marbre, on est là dans un cinq étoiles qui doit coûter à peu près trois bras pour une nuit. Sauf qu'à Istanbul, la nuit, on perd plutôt les yeux. Alors ce patron d'hôtel, voisin du Gezi Park, ouvre ses portes en grands pour accueillir les blessés.

 

 

 

 

Officiellement, il ne prend pas partie. Trop dangereux. Pas pour sa santé, mais pour ses affaires. Il faut contenter tout le monde, ne heurter la sensibilité de personne. Alors on dit qu'on accueille tous ceux qui en ont besoin, qu'ils soient de la police ou qu'ils manifestent. Difficile d'être vraiment dupe.

 

 

Tous les jours depuis une semaine, il quitte régulièrement son comptoir lustré pour aller faire un tour à Taksim et dans le parc. Pas par conviction politique, qu'allez-vous croire par là! Non, officiellement encore une fois, c'est uniquement une question d'organisation: il faut être prêts à s'adapter en cas d'affluence imprévue.

 

 

On n'obtiendra pas la moindre critique de cette homme, qui prétend que de tels débordements arrivent partout sur la planète, même aux Pays-Bas. Mais quand on lui demande ce qu'il aurait à dire à Erdogan, il répond qu'il lui suggère de prendre de sages décisions.

 

Rebelle, Jan Peter? Vraiment?, par Augustin Arrivé

 

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/ le 03 juin 2013

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