Les visages du printemps turc: Eylem

/ le 06 juin 2013
Istanbul, ville rebelle : Eylem
Elle passe ses journées au parc au lieu de réviser ses partiels. Certes, son alibi est meilleur que le vôtre, vous qui zonez devant Roland Garros. Eylem se bat pour vivre la vie qu'elle s'est choisie, loin des fondamentalistes et de l'arrogance de son premier ministre.

 

 

Elle a 22 ans et dans son sac elle trimballe quelques bouquins de fac. Elle espère encore réviser. Elle passe ses partiels dans la semaine. Une double licence : sciences-po et interprétariat franco-turc. Elle a beau dire que Gezi-park est un coin idéal pour se poser et réfléchir, elle y est tellement sollicitée que les révisions n’avancent pas tellement.

 

 


Eylem vient d’une famille plutôt aisée, elle habite un quartier conservateur, près de l’aéroport. Comme la plupart des militants du parc, elle est instruite. Elle a même pu voyager quelques mois en Belgique, à Liège, pour ses études. Elle vit à l’occidentale, boit de la bière et ne pratique aucune religion. Elle n’a pas supporté la façon dont Erdogan s’est immiscé dans sa vie, ces dernières années.

 


Elle ne dort pas dans le parc. Les premiers soirs, elle trouvait ça trop dangereux. Elle préfère revenir chaque matin et aider, jusqu’à ce que le gouvernement écoute ce qu’elle a à dire. Elle sait que ça prendra peut-être du temps mais elle tiendra. Et n'allez pas lui dire qu'elle vit un nouveau Printemps arabe! Déjà parce que les Turcs ne sont pas arabes. Et puis même, son mouvement n'a rien à voir.

 

 

Les manifestations continueront.

C’est difficile de réunir les Turcs, mais une fois que c’est fait, c’est encore plus difficile de les séparer. 


 

Et pour les examens, on verra aux rattrapages.

 

Eylem en pleines révisions devant les barricades dressées autour du parc Gezi, par Augustin Arrivé

 

> D'autres rebelles sont à rencontrer sur lemouv.fr

 

/ le 06 juin 2013

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