Les visages du printemps turc: Cem

/ le 03 juin 2013
Les visages du printemps turc: Cem
Pour Cem, la prise de conscience remonte à 2011. Dans la foulée du printemps arabe, le mouvement des Indignés se répand en Europe et aux Etats-Unis. Son campement dans Gezi-park, il le voit comme une nouvelle évolution de l'action "Occupy".

 

Cem est né à Istanbul, il a toujours vécu ici, il y est étudiant ingénieur, et il explique en rigolant qu'il mourra probablement à Istanbul. "Le plus tard possible", comme disait feu Thierry Roland. Il se renseigne sur la politique depuis un bon moment, et c'est avec beaucoup d'intérêt qu'il a vu apparaître, voilà deux ans, les mouvements d'Indignés.

 

Il est particulièrement touché par l'action Occupy Wall-Street. Elle est à la fois symbolique, pacifique et bigrement intelligente puisqu'elle oblige les pouvoirs publics au dialogue: impossible de faire semblant d'ignorer les campeurs. Alors quand il sent, la semaine dernière, que les Stambouliotes peuvent se réveiller, il espère pouvoir répéter ce modèle américain.

 

 

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est la réplique des autorités. Les gaz lacrymo, l'affrontement violent ont donné à son "Occupy Gezi" un enjeu que son ancêtre n'avait sans doute pas. La question est devenue: peut-on accepter d'être lynchés par ceux qui devraient nous protéger?

 

 

Il aimerait bien la chute d'Erdogan, mais ça n'en prend pas le chemin. Il n'est pas défaitiste mais il veut rester réaliste: on ne remplace pas un premier ministre aussi simplement que ça. On verra bien. Même si ça ne fonctionnait pas cette fois-là, les Turcs auraient au moins montré qu'ils ne se laisseraient plus faire.

 

 

Et puis qui sait? Peut-être que bientôt, à leur tour, les activistes de New York et d'ailleurs prendront l'action de Cem comme modèle.

 

Cem, un Stéphane Hessel avec plus d'épaules, par Augustin Arrivé

 

D'autres rebelles sont à rencontrer sur lemouv.fr

/ le 03 juin 2013

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