Les visages du printemps turc

/ le 10 juin 2013
Les visages du printemps turc
Déjà une semaine de manifestations place Taksim et d'occupation du parc Gezi, à Istanbul. Le pouvoir autoritaire d'Erdogan peut-il vaciller ? La jeunesse turque y croit, et réinvente la désobéissance civile. Portraits de rebelles sur les rives du Bosphore.

 
Le Mouv' vous propose de rencontrer les militants de ce Printemps turc naissant. Cliquez sur leurs portraits pour les saluer.

 
La jeunesse turque est dans la rue. Et pas que la jeunesse d'ailleurs. La Turquie moderne n'avait jamais connu une telle unité pour s'opposer à ses dirigeants. Hommes, femmes, militants kurdes, arméniens, défenseurs de la cause homosexuelle, laïcs comme religieux, jusqu'à quelques chantres des droits des animaux: c'est tout un peuple qui se réveille pour faire face à Recep Tayyip Erdogan.

Place Taksim, en attendant la bataille, par Augustin Arrivé
 

A l'origine de ce mouvement, il y a un projet immobilier: détruire l'un des derniers parcs du centre-ville, Gezi, pour y installer un centre commercial. Les écologistes ne l'ont pas supporté, ils sont descendus dans la rue, se sont mis à camper entre les arbres. Pacifiquement. En face, la police a chargé. Gaz lacrymogènes, canons à eau. Déjà deux manifestants tués dans le pays. Le pouvoir parle de "terroristes" et pleure un policier, décédé lui aussi dans les affrontements.
 

Des lunettes de piscine en vente partout pour se protéger des gaz, par Augustin Arrivé
 
Ces violences ont étendu la protestation. La jeunesse turque se sent méprisée, et elle ne supporte plus la politique du premier ministre, qui tente d'intervenir dans leur vie. Il veut dicter un comportement quasi-religieux à une population depuis longtemps occidentalisée. A Istanbul, on boit, on sort en discothèque, peu de filles sortent voilées. Erdogan veut changer tout ça: interdiction de l'avortement, interdiction de l'alcool après 22h, interdiction de s'embrasser dans le métro d'Ankara. Les rebelles n'en peuvent plus.
 
Des histoires, des mots d'ordre, des objectifs différents, mais ils sont tous réunis dans la bataille. Et ils ont tous quelque chose à dire à Erdogan.

 

Puisque la presse turque est muselée, ils se retrouvent sur les réseaux sociaux. Twitter et facebook. Ils s'informent avec le hashtag #occupygezi.

Réécoutez ici le 8/9 de Benoît Bouscarel, consacré ce vendredi à ce Printemps turc.

Reportage Augustin Arrivé (@joel_kienast)

 

 

/ le 10 juin 2013

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