Les supporters stéphanois disent non au "foot business" !

Par Benjamin Mathieu / le 22 novembre 2016
Les supporters stéphanois disent non au "foot business"
Gros coup de gueule des ultras dimanche dernier au stade Geoffroy Guichard. Ils ont déployé une immense banderole pour dénoncer la pratique du "naming" dans le football.

Les supporters de l'ASSE sont réputés pour leur chant et leur franc-parler. Les ultras du kop Nord, les Magics fans 91 l'ont démontré encore une fois lors de la réception du leader, l'OGC Nice. L’immense banderole qu'ils ont déployé pendant le match était sans ambiguïté contre le foot business.

Vous dénigrez l'âme de nos clubs pour de sales billets. Vous oubliez les gloires du passé au profit de marques intéressées. Le naming est le nouveau fléau du football français. Et ce n'est pas une pizza dégueulasse qui nous fera changer d'idée. Pour un football populaire : stop business

 

La "pizza dégueulasse" dont les Ultras parlent, c'est la marque Domino's Pizza. Elle est le partenaire officielle de la Ligue 2 depuis le début de saison, rebaptisée pour 1,3 millions d'Euros la Domino's Ligue 2 jusqu'en 2020. Une démarche saluée par les autres groupes de supporters de Saint Etienne et qui n'est pas isolée chez les fans de foot qui tiennent à un football populaire.  

La pratique du naming, donner un nom de marque à un stade contre de l'argent, n'est pas nouvelle mais elle commence à devenir plus courante. Le MMArena au Mans a ouvert la voie en 2007. Depuis l'Allianz Riviera à Nice, le Matmut Atlantique à Bordeaux (ce qui n'a pas du tout plu aux Ultras de Bordeaux) ou le Orange Velodrome ont complété la liste. On attend aussi du tout nouveau stade de l'Olympique Lyonnais, qui pourrait devenir le "Fiducial Parc OL" selon le journal l'Equipe

À chaque fois, c'est l'argument financier qui l'emporte. Le naming permet aux propriétaires des stades de faire rentrer de l'argent dans les caisses et ainsi, de diminuer les coûts d'exploitation. C'est l'argument avancé par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, concernant le nouveau nom du Vélodrome dévoilé cet été.

Sauf que les supporters, eux, y sont le plus souvent opposés, considérant que le foot doit rester un sport populaire où les marques ne sont pas omni-présentes. D'autant qu'elles trouvent toujours le moyen de rentrer dans les stades, même quand elles ne peuvent pas racheter le nom. À Rennes, deux tribunes du Roazhon Park portent un nom de marque. 


Le phénomène est encore plus marqué à l'étranger. L'actuel leader de la Bundesliga, le championnat allemand, porte les initiales d'une célèbre marque de boisson énergétique (RB Leipzig) ce qui n'est pas autorisé en France. En Autriche, la même marque a pu aller plus loin en rachetant le désormais Red Bull Salzbourg.
Le naming est aussi présent dans de nombreux autres sports que le football. La première division de Handball française s'appelle depuis cette saison la Lidl Starligue...



Crédit photo :  ASSE

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Par Benjamin Mathieu / le 22 novembre 2016

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