Les rappeurs ont plus de vocabulaire que Shakespeare

Par Marie Moglia / le 05 mai 2014
Les rappeurs ont plus de vocabulaire que Shakespeare
Une infographie analyse le vocabulaire de 85 rappeurs et balaye avec intelligence les idées préconçues sur ces artistes.

Mise à jour

Matt Daniels a récemment collaboré avec les infographistes de Pop Chart Labs pour aboutir à cette magnifique illustration de son travail sur le vocabulaire des rappeurs.

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Pop Chart et Daniels ont rajouté 17 rappeurs à la liste originale qui en comptait 85 (Sage Francis, Childish Gambino ou encore Kendrick Lamar) Pour réaliser ce graphique, le site a procédé avec la méthode du spécialiste, en compilant 35 000 mots du vocabulaire de chaque artiste répertorié.

 

 

Les gens lettrés aiment à vanter la richesse du vocabulaire shakespearien : Matt Daniels leur rabat le cacquet avec une savante infographie. Graphiste et développeur, friand d'analyse de données mais aussi et surtout, grand amateur de hip-hop, il a réalisé un comparatif approfondi du vocabulaire de 85 rappeurs avec celui d'Herman Melville, auteur de Moby Dick, et du grand ponte William Shakespeare.

Pour ce faire, il a répertorié les 35 000 premiers mots employés dans la discographie de chaque artiste. Le résultat est surprenant. On apprend ainsi que certains grands noms du genre distancient largement l'auteur de Roméo et Juliette. Matt Daniels démonte ainsi ce grand poncif qui voudrait que les rappeurs n'aient pas de vocabulaire. Que nenni !

Le mystérieux Aesop Rock, plébiscité par Reddit, se situe à l'extrême droite du graphique, à tel point "qu'il ne devrait même pas être dedans". Autre exemple : les textes du Wu-Tang Clan valent quasiment la richesse de Moby Dick avec près de 5 900 mots. Shakespeare, lui, n'en utilisait que 5 170.

En revanche les artistes les plus "populaires" (50 Cent, Eminem, Snoop Dogg, Kanye West et Lil Wayne)  comptabilisent moins de termes, avec une moyenne qui se situe entre 4 300 et 5 000. Est-ce la preuve que plus un texte est simple, plus il est apprécié?

Matt Daniels reconnaît pourtant qu'il y a une faiblesse dans son analyse. Ainsi les mots pimps, pimp, pimping et pimpin sont comptés comme quatre mots uniques : "Le hip hop est plein d'argot qu'il est difficile de traduire".

Comme l'explique le site io9, cité par Slate, "il est évident que le vocabulaire n'est clairement pas une référence pour mesure le succès, la profondeur, ou l'impact du travail d'un artiste". Une analyse ludique et instructive qui permet aussi de se plonger dans l'univers musical du hip-hop.

 


 

Via Slate.fr et io9.com

 

Par Marie Moglia / le 05 mai 2014

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