Les oubliés d'Haïti

/ le 25 mars 2014
Les oubliés d'Haïti
Le prix Philippe Chaffanjon 2014 vient de récompenser deux reportages multimédias. L'un consacré au travail des journalistes en République Démocratique du Congo et l'autre aux Haïtiens, dont beaucoup vivent toujours dans des camps de réfugiés.

 

Pour sa première édition, le Prix Philippe Chaffanjon, créé l'année dernière en hommage au directeur du réseau France Bleu et ancien directeur de France Info, disparu en avril 2013, a choisi mardi ses deux lauréats. Le jury avait reçu 64 candidatures, dont 58 françaises et 6 haïtiennes. Ce prix vise à mettre en avant les reportages multimédias français et haïtiens, soumis au vote d' un jury prestigieux

Focus sur le vainqueur venu d'Haïti, Ralph Thomassaint Joseph, et sur son reportage intitulé Islène, quatre ans dans un camp sans ses deux mains. Son portrait par Laurent Kramer:

 

 

Quatre ans après le séisme qui a ravagé l'île et fait plus de 200 000 victimes, des milliers de réfugiés attendent toujours d'être relogés et vivent dans des camps de fortune où les plus faibles sont exposés à tous les dangers.


C'est le cas d'Islène Clervil, mère de famille qui a perdu ses deux mains dans le séisme, le 12 janvier 2010.
Elle doit aujourd'hui survivre et continuer à élever ses deux enfants, seule dans un camp de réfugiés, sans que l'Etat haïtien ne lui vienne en aide.


En trois minutes et quelques images fortes, Ralph Thomassaint Joseph nous fait entrer dans le quotidien de cette femme, mère courage qui dit "ne plus voir d'avenir et de projet pour elle-même et ses enfants."

Etudiant en sociologie, Ralph Thomassaint Joseph est venu au journalisme au contact de ces refugiés auquel il a prêté main forte après le séisme :

A leur contact, j'ai souhaité rendre compte publiquement de ceux qui n'existent quasiment pas dans les médias haïtiens et à qui la communauté internationale a beaucoup promis sans réellement apporter d'aide.



Alors que des milliards de dollars ont été dirigés vers Haïti, le journaliste comme le documentariste Raoul Peck constatent que l'aide apportée à Haïti a été gâchée, mal organisée et parfois détournée de sa fonction initiale.

 

"Le quotidien de cette mère de famille témoigne de ce gâchis et de cet oubli" souligne Ralph Thomassaint Joseph, "quatre ans après le drame, cette mère de famille et ses deux enfants n’ont toujours pas été relogés" et ne reçoivent aucune aide ni considération de la part de l’Etat haïtien.

"Des milliers de refugiés handicapés sont dans cette même situation aujourd’hui dans des camps de fortune en Haïti ", conclut le journaliste primé par le Prix Philippe Chaffanjon.

Ralph Thomassaint Joseph a choisi de pratiquer le journalisme par vocation citoyenne, dans un pays où il est en réalité impossible d'en faire réellement son métier :

 


> Le prix du reportage multimédia français a été attribué à Kinshasa FM.

 

 

/ le 25 mars 2014

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