LES LECTURES ALEATOIRES #8

/ le 02 mai 2014
LES LECTURES ALEATOIRES #8
Donnez du QI à votre week-end avec les lectures aléatoires de Salomé Kiner.

Dans ses Lectures, Salomé partage deux fois par semaine ses découvertes littéraires. Retrouvez ici une sélection élargie de ses repérages.

 

JURONS LOCAL

Sécher les couillons, de Daniel Crozes, Ed. Rouergue.



Vous avez épuisé tout votre stock d’insultes et le voisin continue d’écouter U2 à plein volume ? 

Pas de problème, grâce à Daniel Crozes, vous pourrez lui balancer : « Macarel ! Espèce de toupinasse, tu me sèches les couillons ! ».
S’il a des origines aveyronnaises, il comprendra : « Purée ! Espèce de demeuré, tu m’énerves fortement ! ». Sinon, il comprendra que vous êtes énervé, mais classe.

On n’a jamais trop de dictionnaires de Jurons, insultes et autres amabilités régionnalistes.
Et l’Aveyron, autoproclamé « pays d’émotions » par le site l’office du tourisme, n’est pas en reste, surtout lorsqu’il s’agit de mœurs féminines.

Spécial big up pour les femmes aux hygiènes approximatives, qui « ne se lavent les cuisses que quand elles pissent ».

 

 

SINO-FITGZERALDIENNE

Love in a fallen city, Eileen Chang, Ed. Zulma

La vie d’Eileen Chang, égérie foudroyante des lettres chinoises, est déjà un roman en soi. Née à Shanghaï en 1920 d’un père tyrannique et opiomane et d’une mère qui l’abandonne avant l’heure, la « Jane Austen chinoise » évolue dans cette aristocratie décadente jusqu’à son exil au Etats-Unis.
Elle ne rencontrera jamais le succès mérité et mourra recluse, dans le souvenir amer d’une vie contrariée. L’adaptation d’une de ses nouvelles par Ang Lee (Lust, Caution, Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2007) donnera un nouveau souffle à son œuvre.

Œuvre de jeunesse, Love in a fallen city témoigne déjà des sujets réccurents d’Eileen Chang : une histoire d’amour prise entre les impératifs de la Chine traditionnelle et l’appel des mœurs occidentales libérées, entre actes d’amour et de cruauté, entre politique et passion.

 

 

ZADIE FROM THE BLOCK

Ceux du Nord-Ouest, Zadie Smith, Ed. Gallimard


La plus bankable des écrivaines anglo-saxonnes avait déjà planté un décor romanesque dans les quartiers populaires de son enfance (Sourires de Loup, 2003). La cité du Nord-Ouest de Londres, rebaptisée Caldwell pour les besoins de la fiction, est le point commun entre Leah, Natalie, Felix et Nathan, qui y grandirent ensemble.

Des années plus tard, l’ascenceur social ne s’est pas arrêté à tous les étages. Entre le prestige du statut, l’angoisse de la maternité et le chant aigre des vieux démons, Zadie Smith scrute les espoirs et les ratés de cette bande de presque quarantenaires à l’heure où l’on recadre son idée du bonheur.

Un roman prenant, d’une grande acuité sociologique, mais sans thèse.

 

 

DANS LA POCHE                                                                 

 

Confessions d’un gang de filles, Joyce Carol Oates, Ed. Livre du Poche


Heureusement que le cinéma est là, de temps en temps, pour faire rayonner la littérature !

Porté à l’écran en 2012 par un Laurent Cantet curieux de pulsions adolescentes, Foxfire était une œuvre originale de Joyce Carol Oates, la profilique chroniqueuse américaine des implosions latentes et des barbaries refoulées.

Dans l’Amérique des années 50, cinq lycéennes s’unissent à la vie, à la mort – tatouage faisant foi – pour se venger des humiliations quotidiennes et réptétées : la haine des hommes cimente la hargne du gang. Elles rêvent d’une vie communautaire et affranchie, mais l’engrenage de la violence en décidera autrement.

 

 

EFFICACE       

Crime, d’Irvine Welsh, Ed. Au Diable Vauvert


Comme d’hab, le flic est du genre excessif, avec un penchant pour les substances, et particulièrement pour la cocaïne.
Comme d’hab, il traîne derrière lui – pire, il fuit – un dossier foireux, une sombre histoire d’infanticides sexuels.
Et comme souvent, il lui reste à peu prêt zéro sursis avant de planter définitivement son couple.

Pour toutes ces raisons, Ray Lennox décide d’aller se mettre au vert à Miami (l’oxymore du siècle). Evidemment, en Floride, c’est encore pire.

Heureusement, l’auteur de Trainspotting, (qui a rendu visite à la team Pop Corn) en a suffisament sous le pied pour transformer une intrigue lambda en pavé trash et prenant.

 

 

 

 


 

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/ le 02 mai 2014

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