LES LECTURES ALEATOIRES #7

/ le 25 avril 2014
LES LECTURES ALEATOIRES #7
Donnez du QI à votre week-end avec les lectures aléatoires de Salomé Kiner.

Dans ses Lectures, Salomé partage deux fois par semaine ses découvertes littéraires. Retrouvez ici une sélection élargie de ses repérages.

 

 

POESIE

Non réconcilié, Michel Houellebecq, Ed. Gallimard, Poésie / Gallimard


On connaît Houellebecq romancier scandaleux, Houellebecq cinéaste raté, Houellebcq passion canine, mais rarement Houellebecq poète.

C’est pourtant en poésie qu’a commencé l’auteur français vivant le plus traduit dans le monde. C’est en poésie qu’il continue d’exceller, abreuvant l’attente fébrile de ses lecteurs entre deux romans coup-de-poing.

Un an après l’excellente Configuration du dernier rivage, cette anthologie personnelle, tirée de ses quatre recueils publiés, balaie vingt ans de fulgurances et de lyrisme froid.

 

 

 

BLACK MANHATTAN

Le Messager, Charles Stevenson Wright, Ed. Le Tripode


Black, homosexuel et fauché, Charles Stevenson Wright, disparu en 2008, en connaissait un paquet sur ce que galérer veut dire. Coursier au Rockfeller Center, prostitué dans les fins de mois difficiles, il était aussi, et surtout, l’auteur d’une trilogie autobiographique. Le Messager est le premier volume, et on peut dire merci aux éditions Tripode pour cette réédition – découverte.

Dans le New-York des années 1960, pendant que les blancs s’empiffrent et s’enrichissent, les Noirs, les putes, les orphelins, les gitans et tous ceux qu’on appelle la « marge », naviguent de misère en magouille. Posté à la fenêtre de son taudis, Charly, se fait le chroniqueur caméléon de sa petite cour des miracles.

 

 

DANS LA POCHE

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides, Ed. Points


Après l’adolescence (Virgin Suicides, 1993) et le genre (Middlesex, 2004), Jeffrey Eugenides continue d’explorer les années rouges de l’apprentissage, celles où quelques choix décisifs esquissent les contours de la vie à venir.

Ainsi de Madeleine, Leonard et Mitchell, étudiants à Brown University au début des années 1980. Déchirée entre les deux garçons, et entre deux modèles de vie – la passion et la raison – Madeleine découvre, à la lumière de ses études en sémiotique, toute la complexité du cœur à l’épreuve d’enjeux supérieurs.
Un roman d’initiation, largement nourri de Barthes ou Jane Austen. Un roman fleuve aussi, et passionnant, qui explore la palette subtile et changeante des passions humaines.

 

 

 

EVANESCENT

Obsessions, Jean-Jacques Schuhl, Ed. Gallimard


Auteur rare, spécialiste du name-dropping vintage (Helmut Berger, Elizabeth Taylor ou Jean-Michel Basquiat), Jean-Jacques Schuhl s’était fait connaître avec Ingrid Caven, un roman inspiré de la vie de sa compagne, ancienne épouse de Fassbinder, ancienne égérie d’Yves Saint-Laurent. 

15 ans plus tard, il publie Obsessions, un recueil de nouvelles ouatées. En Bartelby germanopratin, Jean-Jacques Schuhl continue d’écrire à l’encre sympathique, brodant délicatement les mêmes motifs, brouillant perpétuellement les pistes entre fantasme et vécu, souvenir ou rêve, plaisir et ennui.

 

 

 

LA VIE REVEE DES AUTRES

Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, Catherine Dufour, Ed. Fayard


Tous les ans, à Noël, le « marketing genré » fait hurler quelques parents fémino-friendly et autres bonnes consciences soucieuses d’égalité des sexes.

Hors-saison mais pas hors-sujet, Catherine Dufour publie un Guide pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses : quarante huit métiers rares, décalés ou fantasmés.

Il faut passer outre l’injonction simili-nietzschéenne d’accomplissement et prendre le livre pour ce qu’il est : une machine à s’inventer des vies, exemples à l’appui. Alors, cosmonaute, tortionnaire ou sculptrice ?

 

 

 


 

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/ le 25 avril 2014

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