LES LECTURES ALEATOIRES #15

/ le 27 juin 2014
LES LECTURES ALEATOIRES #15
Donnez du Q.I. à votre week-end.

Dans ses Lectures, Salomé partage deux fois par semaine ses découvertes littéraires. Retrouvez ici une sélection élargie de ses repérages.

 

APOCALYPSE NOW

 

Une histoire (critique) des années 1990, sous la direction de François Cusset, Ed. La Découverte

 


A l’époque, vous barbotiez encore dans vos Pampers fraîcheur lotus. Le monde, lui, se préparait à mourir.

C’était les années 90 : le bug informatique de l’an 2000, l'apocalypse, la mort des idéologies – on nous prédisait un final en apothéose.

20 ans plus tard, nous sommes toujours là.
Pire, nous sommes les purs produits des grands bouleversments de la décennie "rave party" : Internet et téléphones portables, peoplisation de la politique et mise à mort de la sphère privée (télé-réalité, autofiction)…

Publié en marge de l’exposition du centre Pompidou-Metz, cet ouvrage collectif convaint aussi pour son graphisme travaillé.

 

 

REVOLUTION RASTAFARI

 

Get Up ! Stand Up !, Perry Henzell, Ed. Sonatine

 


En 2013, la Jamaïque faisait encore partie des dix pays les plus violents au monde. A ses côtés, la Colombie est un enfant de cœur.

Get Up ! Stand Up !, biofiction nationale sous influence rastafari, retrace cette escalade infernale en partant du premier crash pétrolier.
Sans jamais nommer le pays dont il parle, Perry Henzell fait le portrait d’une île des Caraïbes à double face : l’élite corrompue d’un côté, les ghettos défavorisés de l’autre.

Zack Clay, reggaeman de retour d’une tournée internationale, décide d’organiser le changement. Pas besoin de vous faire un dessin, vous aurez reconnu de qui je parle.

 

 

 

HAPPY ?

Le Bonheur, Wilhelm Schmid, Ed. Autrement


Le bonheur, c’est comme le Coca : personne ne connaît la recette. Si ce n’est qu’à force de le chercher, on finit par ne pas le trouver.

Pour le philosophe allemand Wilhelm Schmid, le bonheur - au sens de la recherche prolongée du bien-être, du plaisir ou du succès - n’est même pas souhaitable.

C’est une lubie contemporaine, qui s’est encore manifestée au bac de philo : « Vivons-nous pour être heureux ? »

Il faudrait lui préférer la quête de sens, plus laborieuse, mais plus durable. Ce livre est un bon début.

 

 

 

RELIRE

L’Astragale, d’Albertine Sarrazin, Ed. Points

 

 

 

Née à Alger en 1937, Albertine Sarrazin a passé huit des trentes années de sa courte vie en prison.
Ce qui ne fait beaucoup d’années pour vivre et encore moins pour écrire. Elle aura fait les deux, pas assez, mais suffisament pour raconter une existence chahutée dans des livres révoltés.

On réduit trop souvent L’Astragale au récit de prostituée.
C’est d’abord une histoire d’amour canaille avec Julien, qu’elle épousera. C’est aussi une histoire de cavale.


Et c’est, un peu, des histoires de tapin, parce qu’il faut bien manger.

 

 

POLAR LOVE

 

L’exception, d’Audur Ava Olafsdottir, Ed. Zulma


En Islande, mieux vaut se faire plaquer en été qu’en hiver.
Surtout si votre mari, spécialiste de la théorie du chaos, vous quitte pour UN collègue de travail… La nuit promet d’être longue pour María. Evidemment, ce n’est qu’au fond du puits qu’on trouve des mains tendues ...

On avait découvert Audur Ava Olafsdottir avec Rosa Candida. Cette quête initiatique, pleine de tendresse et d’optimisme, reste une grosse star du feel-good-book.
Depuis, la romancière islandaise, qui a plus à voir avec la réalisatrice Solveig Anspach qu’avec les maîtres du polar locaux, continue d’arroser les librairies de tragi-comédies polaires.

 

 


 

 

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/ le 27 juin 2014

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