LES LECTURES ALEATOIRES #11

/ le 23 mai 2014
LES LECTURES ALEATOIRES #11
Donnez du Q.I. à votre week-end.

Dans ses Lectures, Salomé partage deux fois par semaine ses découvertes littéraires. Retrouvez ici une sélection élargie de ses repérages.

 

ROCKAMBOLESQUE

Punk Rock & Mobile Homes, de Derf Backderf, Ed. çà & là.

« Je pense qu’il est essentiel que vous écoutiez de la musique en lisant cet ouvrage », prévient Derf Backderf en introduction. Tu m’étonnes : Punk Rock & Mobile Homes est le roman graphique qui se dévore en headbangant (ne me demandez pas comment on fait pour lire en headbangant).

Otto Pizcok est un lycéen génial mais moyennement adapté. Il vit dans un parc de mobile home de la banlieue de Cleveland, qui décline sérieusement en ce début des années 80’. Un terrain idéal pour s’ acquoquiner avec la scène punk.

Du rock, des ados et beaucoup d’humour : que demandent les lecteurs ?

Bonus : la playlist de l’auteur disponible sur Youtube.

 

 

INKED

Tatouages, de Jérôme Pierrat, Ed. Découvertes Gallimard

 

Marre de vous en prendre plein la gueule aux repas de famille à cause du bracelet tribal qui déforme votre bras ?
Plutôt que de justifier vos erreurs de jeunesse, potassez quelques infos sur le tatouage.

Esthétique, mystique ou contestataire, cette pratique polysémique raconte beaucoup d’histoires, des Maoris aux bagnards et de la marginalité au phénomène de mode.

Une encyclopédie de poche signée Jérôme Pierrat, spécialiste ès bad boys et sang bleu.

N.B : si le budget vous le permet, offrez-vous aussi le très beau livre-catalogue de l’exposition « Tatoueurs, Tatoués » du Quai Branly. 

 

 

POETRIQUE

La Tribune du Jelly Rodger, Une Poignée d’Loups en Laisse Editions.

 

Beaucoup plus classe pour frimer en terrasse que le Journal du dimanche, il y a La tribune du Jelly Rodger.

Ce journal semestriel de propagande poétique vaut le détour ne serait-ce que pour son rubricage : « l’éditopless », « l’horoscopinage », « la mer de mots », « l’éthyvasymologie » et les « actu-alitées ».

Quitte à faire un détour, arrêtez-vous pour apprécier l’exploration joyeuse de l’héritage des « Pierre (Dac et Desproges) et Raymond (Devos et Queneau) ». L’occasion de faire quelques « révisions dicocorrectives » bien senties, dont « fricoter, v. : dépouiller une personne de son argent. », ou la « décalcification, n.f. : action d’enlever son calcif. »

 

 

HELSINKI SOUS PROZAC

Baby Jane, de Sofi Oksanen, Ed. Stock

Chouette saison pour les féministo-punks finlandaises.  

Sofi Oksanen avait déboulé en France avec Purge, une histoire d’amour et de trahisons décapante. C’était son troisième roman. Avant, il y avait eu Les Vaches de Staline et Baby Jane. Encore une histoire d’amour qui finit mal, mais pour d’autres raisons. Librement inspiré du film de Robert Aldrich, Baby Jane explore les rapports de dépendance à travers un couple de lesbienne en crise – financière, amoureuse et nerveuse. Bien que construit sur le même principe haletant que ses deux autres romans, il n’en a pas le même impact.
Mais il vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour ces portraits de femmes qui cachent leurs névroses sous les litres de maquillage.

Un hic : son prix exhorbitant, pour un livre qui s’avale en une heure.

 

 

 

DANS LA POCHE

 Un plaisir trop bref, de Truman Capote, Ed. 10-18


Impossible d’évoquer Truman Capote sans penser à celui qui l’a superbement incarné à l’écran, le regretté Philip Seymour Hoffman.
S’ils partagaient un certain génie et le goût léthifère des drogues, l’auteur du Petit déjeuner chez Tiffany et De Sang-Froid avait une personnalité bien à lui.

Un plaisir trop bref
en est la démonstration appliquée : cinquante-huit ans de correspondances, tour à tour futiles ou professionnelles, mondaines ou amoureuses.

On les picore, on les déguste, on les dévore : dans tous les cas, ça glisse tout seul.

 

 

 

 


 

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/ le 23 mai 2014

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