LES LECTURES ALEATOIRES #10

/ le 16 mai 2014
LES LECTURES ALEATOIRES #10
Donnez du QI à votre week-end avec les lectures aléatoires de Salomé Kiner.

Dans ses Lectures, Salomé partage deux fois par semaine ses découvertes littéraires. Retrouvez ici une sélection élargie de ses repérages.

 

 

WESH WONWON

 

Une histoire du Rap en France, Karim Hammou, Ed. La Découverte.


Le rap, c’était mieux avant ? Peut-être, mais pour bitcher, encore faut-il savoir de quoi on parle. Profitez de la réédition de cette biographie musicale pour préparer votre prochain freestyle.

Trente ans après sa naissance, le rap pèse lourd dans l’identité musicale française. Des banlieues à Miami, comment s’est-il construit ?

Un essai très complet qui brasse des questions d’esthétique, d’ethnomusicologie, de stratégies marketing et de capitalisme culturel. A préférer, de loin, à Mélancolique Anonyme, les mémoires chamallow de Soprano.

 

 

 

ROMAN GRAPHIQUE

 

Literary Life, Posy Simmonds, Ed. Denoel


En Grande-Bretagne, Posy Simmonds (Tamara Drewe) est une écrivaine et dessinatrice de presse reconnue, membre de la très prestigieuse Royal Society of Literature, notre Académie française à nous.

Entre 2002 et 2005, elle a publié dans le supplément littéraire du Guardian ses scènes de la vie littéraire. Putasseries mondaines, egotrips et caprices de l’inspiration : lorsque l’humour anglais s’attaque petit monde très risible des lettres, le résultat est un DELICE.

 

 

 <3 WORDS <3

 

Le liseur du 6h27, Jean-Paul Didierlaurant, Ed. Diable Vauvert

 

 

 
L’ennemi s’appelle Zerstor 500 : un monstre aux dents de fer qui broye tous les jours les malheureux invendus de la cause littéraire.
Pour se donner le courage de l’affronter, Guylain Vignolles (cherchez la contrepetrie) déclame tous les matins dans le train de 6h27 les bonnes pages sauvées des griffes de la bête.

Le RER et le pilon : pas franchement les ingrédients de prédilection du feel good book. C’est pourtant l’effet que procure Le liseur du 6h27, déjà promis comme carton estival. Les droits de ce premier roman ont déjà été vendus dans 25 pays, et Jean-Paul Didierlaurent, employé chez Orange dans les Vosges, est en pleine feel good life.

 

 

 

 

IN MEMORIAM

 

Je bois le vent, Gésine Auffenberg, Ed. Phébus


C’est à la suite d’une rupture amoureuse, à l’été 1980, que Gesine Auffenberg prend la route du Soudan.
Comme l’écrivaine-aventurière Isabelle Eberhardt presque un siècle avant elle, elle se travestie en homme pour mener à bien ce voyage.
A cheval – la grande passion de sa vie – en train ou en marchant. Elle y verra le pire et en tirera le meilleur.

Un acte de bravoure et d’empathie, un voyage intérieur et physique qu’elle raconte avec une grâce économe.

 

 

 

DANS LA POCHE

 

Nuit, Edgar Hilsenrath, Ed. Tripode.


Il fait toujours nuit sur le ghetto ukrainien de Prokov. On y vit caché dans un dortoir aveugle. Ceux qui sortent se font raflés. Ceux qui restent cotoient les morts, la maladie, la faim et l’individualisme.

Ranek, le héros, est la voix de l’auteur, Edgar Hilsenrath, lui-même rescapé du ghetto de Mogilev-Podolsk. Cette expérience, puis celle de l’immigration (l’explosif Fuck America) servent de matière à ses romans graves et burlesques, à contre-pied du témoignage traumatique.

 

 

 

 

 


 

 

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/ le 16 mai 2014

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