Les graphistes japonais en manque d'inspiration ?

Par Augustin Arrivé / le 14 octobre 2015
Les graphistes japonais en manque d'inspiration ?
Pour la deuxième fois en quelques semaines, Tokyo se trouve au coeur d'une affaire de plagiat. Après le théâtre de Liège, c'est une startup lyonnaise qui se révolte (gentiment).

 

Tokyo a changé de logo. Oui parce que Tokyo a un logo. Pas un blason comme Paris (et son bateau qui "ne sombre pas"), non : un logo, moderne, minimaliste, classieux. Le nouveau logo, dévoilé le 9 octobre par le gouverneur de la ville, est ainsi une esperluette, ce caractère d'imprimerie qui remplace la coordination "et". Une expression, nous dit le site internet de la municipalité, "des multiples manières pour Tokyo de créer des liens". Une vidéo YouTube complète cette campagne marketing :

 

 

Problème : ce "&" dans un rond rouge est déjà utilisé tel quel par une compagnie d'assurance néo-zélandaise, Jones & Co. La bannière de son site web laisse assez peu de place au doute : s'il s'agit d'une coïncidence, elle coïncide particulièrement bien. L'agence de design japonaise Akuhodo a pourtant reçu 130 millions de yens pour livrer cette copie.

 

Et comme le disait un grand penseur du siècle dernier, les désagréments "volent toujours en escadrille". L'affaire ne s'arrête donc pas là : une startup lyonnaise, Plug & See, s'est également faite connaître. Spécialisée dans les verres optiques amovibles, elle a reconnu sans difficulté son logo (un "&" dans un cercle rouge, mais un "&" doublé pour donner une impression de flou).

Plutôt que d'attaquer la capitale japonaise en justice, elle se dit prête à changer de logo "pour ne pas nuire aux bonnes relations bilatérales franco-nippones". Grande classe. Elle pose toutefois une condition compréhensible : que les internautes l'aident à financer le renouvellement de sa charte graphique. Un appel aux dons est lancé sur la page d'accueil de son site Internet. Le bouton "faire un don" est judicieusement rédigé en calligrammes japonais. Et si le montant récolté n'est pas connu, la mobilisation a gagné les réseaux sociaux. La marque lyonnaise gagne une notoriété internationale inespérée.

 

Le logo du théâtre de Liège et celui (abandonné depuis) des futurs J.O. de Tokyo 2020

 

L'histoire rappelle le différend entre le Comité international olympique et le théâtre de Liège en Belgique. Ce dernier a finalement renoncé (d'après L'Equipe) aux poursuites judiciaires le mois dernier. Seul le graphiste Olivier Debie a maintenu sa plainte. Le dossier est en cours d'examen. Pour calmer les esprits, le CIO a abandonné son logo, mais on attend encore celui qui le remplacera.

 

 


 

Photo de couverture : Cc FlickR François Rejeté

 

Par Augustin Arrivé / le 14 octobre 2015

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