Les géants du Web s'allient contre la radicalisation

/ le 14 mars 2016
Les géants du Web s'allient contre la radicalisation
A la demande du gouvernement, les grands décideurs d'Internet s'organisent pour prévenir la radicalisation en ligne et repérer les personnes susceptibles de basculer. Facebook réunit aujourd'hui une vingtaine d'associations pour poser les bases de ce chantier.

Souvent pointés du doigt en matière de radicalisation, Twitter, Facebook, Google et consorts veulent frapper un grand coup contre cette image. Suivant la demande de l'exécutif français, les géants d'Internet vont créer une fondation destinée à financer les campagnes de prévention en ligne.

Les réseaux sociaux commencent tout juste à faire le ménage parmi leurs abonnés. En février, Twitter a annoncé la suppression de 125.000 comptes liés à la propagange islamiste.

 

Des témoignages de repentis

Outre le repérage des membres déjà radicalisés, la fondation, encore à l'état embryonnaire, aurait pour mission de prévenir le passage à l'acte. Cela passerait par la diffusion de témoignages de repentis, revenus du front. Plusieurs associations ont déjà enregistré ce type de vidéos, mais l'échelle de diffusion sera plus importante quand Google, Facebook ou Microsoft s'en seront emparés. 

Il s'agirait également de réunir plusieurs spécialistes qui cibleront et réagiront en temps réel aux publications des jeunes qui se laissent charmer par les groupes terroristes. La veille se fera essentiellement sur Twitter et Facebook.

Des associations, telles que SOS Racisme ou la Licra, sont associées au projet. Facebook les a réunis aujourd'hui à Paris pour un premier point. Aujourd'hui, on apprend surtout à reconnaître les signes de radicalisation en ligne, explique Maryna Shcherbyna, responsable communication de SOS Racisme, il faut produire un contre-discours à chaque argument avancé par les terroristes.

 

Le gouvernement mis à l'écart

Bien qu'il soit à l'origine de l'idée, le gouvernement français ne participera que de loin à la fondation. Le but de la stratégie, c'est justement de propager un discours déconnecté des décideurs politiques. Il représente tout ce que les jeunes radicalisés rejettent. L'exécutif a déjà fait une partie du travail fin 2015 avec l'ouverture du site Stop Djihadisme et ses vidéos contre la radicalisation.

Les membres de la fondation se heurteraient à coup sûr à un refus d'échanges. En revanche, ils bénéficieront de de l'expérience "marketing" des grands groupes du web, habitués à s'adresser à un public en fonction de son âge et de ses inclinations.

 

Les Britanniques déjà sur la voie

De l'autre côté de la Manche, il existe déjà une fondation chargée de repérer les jeunes radicalisés. L'Institut pour le Dialogue Stratégique existe depuis une dizaine d'années, il ne possède pas de liens avec le gouvernement. Ses membres ont déjà ciblé 80 jeunes en voie de radicalisation et établi un contact régulier avec 60 % d'entre eux.

L'ONG s'appuie sur d'anciens radicalisés qui connaissent le processus de basculement et les nuances de mots ou d'expressions à employer. Le but est de semer de le doute dans les esprits des jeunes qui veulent se rapprocher des réseaux djihadistes. C'est ce modèle que les géants d'Internet veulent appliquer à leur future fondation française. Elle devrait voir le jour dans les prochaines semaines.

 


 

Crédits photos: Site Stop Djihadisme, Guillaume Paumier

/ le 14 mars 2016

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