Les fans de Lil Wayne ne sont pas des lumières

Par Sébastien Sabiron / le 23 octobre 2014
Les fans de Lil Wayne ne sont pas des lumières
Ce n'est pas nous qui le disons, mais un étudiant du California Institute of Technology. Il s'est amusé à mettre en évidence la corrélation entre les capacités intellectuelles et les goûts musicaux d'un panel d'étudiants américains. Un peu empirique, mais instructif.

On a tous notre petit plaisir honteux. Le morceau bien ringard ou carrément craignos que l'on fredonne sous la douche, mais pas trop fort quand même. Étudiant au prestigieux CalTech de Pasadena (une usine à Prix Nobel) Virgil Griffith s'est demandé ce que nos goûts musicaux disaient de notre intelligence. Sa réponse est visible en ligne : Musicthatmakesyoudumb (la musique qui vous rend stupide.)

Après avoir écouté certains artistes, je me suis dit "Wow... Le fait d'aimer cette daube dit beaucoup de la personne et de ce qui se passe dans sa tête."


 

Pour étayer son hypothèse, Virgil a d'abord collecté les dix "musiques favorites" des universités ciblées dans son étude, des statistiques établies par Facebook à partir des profils des étudiants. Deuxième étape : télécharger les résultats moyens au SAT Reasoning Test  et à l'ACT (American College Testing), des examens standardisés utilisés pour les admissions à l'université. Reste à confronter les données recueillies et pouf !

Nous avons une corrélation entre goûts musicaux et stupidité (et intelligence aussi) !


Cliquez sur l'image pour la voir en grand

On y apprend que les fans hardcore de Beethoven sont clairement au dessus du lot. Mais sans doute pas les plus nombreux. Plus marquant : Sufjan Stevens est le chouchou des têtes bien faites. Pas étonnant, dans la mesure où le prolifique multi-instrumentiste est lui même un peu surdoué.

Pur produit de la scène indé new-yorkaise, il est connu et apprécié pour ses compos alambiquées, tant dans la musique que dans les textes.

"Au matin, à travers le store... Quand la lumière s'est glissée contre ton épaule... J'ai pu voir ce que tu lisais."

Les Counting Crows, Radiohead, U2 et Bob Dylan suivent dans un mouchoir de poche. A mesure que l'on descend "l'échelle de l'intelligence", on tombe sur Akon, Jay-Z, T.I, Beyonce... Des gros vendeurs, populaires, mais qui visiblement plaisent plus aux cancres qu'aux premiers de la classe.

En bon dernier, Lil Wayne :

"Toutes mes chiennes m'aiment et j'aime toutes mes chiennes. Mais dès que j'éjacule, mon bon sens revient."

En réponse aux nombreuses critiques suscitées par son étude, Virgil Griffith précise qu'il est conscient de la différence entre corrélation et causalité. En gros, ce n'est pas parce-que beaucoup fans de Beyonce ont de mauvais résultats scolaires que le fait d'écouter Beyonce rend idiot.

L'étudiant assume l'aspect empirique de son étude, qui a au moins le mérite de dégager certaine tendances sociologiques. Si le rock consensuel de Coldplay se situe pile dans la moyenne, on imagine que les choix musicaux de ces jeunes dépendent plus de leur milieu social que de leurs capacités intellectuelles.

Virgil Griffith s'était déjà livré au même exercice avec la littérature : ça s'appelle booksthatmakesyoudumb (Livres qui vous rendent stupide). Lolita de Vladimir Nabokov et Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez sont cités par les élèves les plus brillants. Dans le bas du panier, il y a Zane, alias Kristina Laferne Roberts, auteure du best seller érotique Addicted. La Bible se situe juste un cran au dessus. Tiens donc.



Image d'illustration : CC Flickr Believekevin

Par Sébastien Sabiron / le 23 octobre 2014

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