Les chefs d'Etat s'emparent d'Internet

/ le 24 octobre 2013
Internet au coeur du Conseil européen
Plongée au cœur du grand barouf européen, où nos chefs d'État sont notamment censés parler d'Internet, et de surveillance.

 

Bruxelles, quartier des institutions. La police et les hommes de la sécurité s'agitent : les 24 et 25 octobre, c'est Conseil européen. L'ensemble des chefs d'Etat de l'Union européenne se réunit ici au moins deux fois par an afin d'évoquer ensemble les sujets qui agitent l'Europe. Et, parfois, de prendre des décisions.

Déjà prévu au débat, mais davantage sous ses aspects économiques, le numérique est au cœur des discussions depuis que l'on sait que le téléphone d'Angela Merkel était sous écoute de la NSA, l'agence de renseignement américaine.

Au cours du cérémonial du tapis rouge, où la presse se bouscule pour obtenir images et réactions des gouvernants à l'actualité, nous avons également tenté de se joindre au choeur et d'y aller de notre petite question.

 

 

Si l'on arrive à faire rire Elio di Rupo, le Premier ministre belge au célèbre noeud papillon, François Hollande, lui, fait comme si de rien n'était. 

Pourtant, les révélations d'Edward Snowden, couplées à celles du Monde, ont mis les enjeux liés à la surveillance du réseau par les services de renseignement américains au coeur du débat. Un débat qui rebondit au cours de ces deux jours de Conseil, avec une entrevue entre François Hollande et Angela Merkel, au cours de laquelle les deux chefs d'Etat auraient jugé l'espionnage de nos alliés US "inacceptable". En début de soirée, le site du quotidien britannique le Guardian en a remis une couche, révélant que 35 dirigeants internationaux ont été écoutés par les services américains.

L'Europe et le numérique : un pas en avant ?

 

L'Union européenne et ses dirigeants font donc face à une pression à agir, tant sur cette question de la surveillance de ses dirigeants et institutions par l'Oncle Sam que sur la façon de développer, et de protéger, un écosystème numérique capable de redorer le blason d'un continent à la traîne sur ces questions.

Quelles solutions ?

Au-delà des discours et des prises de position publiques, ce Conseil est-il l'occasion d'enfin prendre des mesures pour avancer sur la question ?

C'est en tout cas le point de vue de Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui propose de "faire une pause" dans les négociations commerciales entre États-Unis et Union européenne, en attendant que la question soit réglée.

Il est également envisagé d'accélérer la réforme de la protection des données personnelles au Parlement européen.

 

Au terme de cette première (longue) journée de Conseil, la conférence de presse de François Hollande a permis de répondre à quelques-unes de ces questions.

Sur la surveillance, si le président de la République estime que les révélations d'Edward Snowden ont été "utiles", il rappelle presque dans un même mouvement que lui offrir l'asile politique serait impossible, puisque les États-Unis ont lancé une procédure à son endroit.

Pour mettre en place un cadre commun, la France et l'Allemagne s'associent afin d'obtenir des réponses claires des Etats-Unis. La question de la confiance entre alliés est posée, et en dehors des termes d'usages, ne semble pas avoir véritablement trouvée de réponse.

 

Andréa Fradin et Guillaume Ledit, à Bruxelles.

 

 

/ le 24 octobre 2013

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