Les bus de Google sont-ils hors-la-loi ?

Par Augustin Arrivé / le 05 mai 2014
Les bus de Google sont-ils hors-la-loi ?
Les Google Bus violeraient la loi de l'Etat de Californie en circulant abusivement sur les voies des transports publics. C'est en tout cas l'avis d'un groupe d'activistes de San Francisco, qui a décidé de porter l'affaire en justice.

 

Y a-t-il un autobus plus aimé que Le bus magique ? Assurément non. A l'inverse, il n'en existe sans doute pas de plus détesté que les Google Bus de San Francisco. Quand le premier offrait des voyages fabuleux à une tripotée d'écoliers avides de savoir, les seconds ne servent qu'à se rendre au boulot tout en excluant tous ceux qui n'auraient pas la chance (la chance ?) de bosser chez Google.

 

Bus normal à gauche, Google Bus à droite

 

Et ceux-là, qui ne peuvent pas monter à bord, finissent par devoir quitter le quartier. Car l'implantation de Google au coeur de San Francisco a fait s'envoler les loyers (2.300$/mois pour un studio). Les expulsions ont augmenté de 175% en quelques mois. Des groupes de protestataires, autobaptisés anti-techies, se sont montés pour résister. Et les Google Bus sont devenus les symboles de l'envahisseur geek.

 Tout ça, nous vous en avions déjà parlé récemment. Le Mouv' s'était rendu à San Francisco à la rencontre de ces anti-techies. L'affaire connaît cette semaine une suite judiciaire. Les mêmes mécontents ont décidé de porter plainte contre ces Google Bus. Ceux-là violeraient la loi de l'Etat de Californie. Rien que ça !


Google Bus, direction Mountain View 

 

Leur ligne d'attaque : les Google Bus sont des véhicules privés, ils n'ont donc pas le droit d'emprunter les voies réservés aux transports publics. Et ce n'est pas tout : leur multiplication va totalement à l'encontre de la charte environnementale de San Francisco. Les anti-techies réclament donc une étude pour déterminer l'influence de ces grosses machines sur le bilan carbone local.

 

C'est le site américain Mashable qui rapporte l'info. La Cour suprême de Californie aurait enregistré la plainte vendredi dernier, le 2 mai. Difficile de mesurer les chances des plaignants, dans la mesure où Google a signé un accord avec la municipalité : la multinationale s'est engagée à payer à la ville un dollar par jour et par arrêt de bus squatté.

Pas suffisant pour les activistes : un simple ticket de bus coûte le double. Il s'agit donc de vérifier maintenant si l'Etat de Californie accepte d'aller à l'encontre d'une décision de la mairie de San Francisco. On ne connaît pas encore la date du procès.

 

Le combat des anti-techies de la Silicon Valley, ça se passe par ici.

Tous nos articles sur le géant de Mountain View, c'est par là.

 


 

Photos : Benjamin Illy

 

Par Augustin Arrivé / le 05 mai 2014

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