Le témoignage d'un prof agressé par la police est censuré par Facebook

Par Augustin Arrivé / le 27 septembre 2016
Le témoignage d'un prof agressé par la police est censuré par Facebook
Le récit, devenu viral, d'une interpellation policière virant à l'humiliation raciste a amené la préfecture de Paris à ouvrir une enquête. Mais le texte et tous ses partages ont été effacés pendant plusieurs heures du réseau social Facebook.

Les critères de modération de Facebook sont décidément bien nébuleux. Après des précédents plutôt portés sur la nudité (censure du tableau L'origine du monde de Courbet, ou de photos de femmes allaitant), le réseau de Mark Zuckerberg semble désormais se mêler de politique.

La semaine dernière, sept journalistes d'agences de presse palestiniennes voyaient leurs comptes subitement bloqués sans avertissement préalable et sans raison notable. Un hashtag de solidarité a pullulé sur le concurrent Twitter pour appeler à boycotter la plate-forme. Les comptes ont été réactivés depuis, et la direction de Facebook s'est excusée, confuse, assurant qu'il était difficile de passer en revue les millions de signalements hebdomadaires de contenus jugés gênants sans jamais se tromper. Soit.

Mais ce week-end, rebelote : le témoignage (d'abord anonyme) de Guillaume Vadot, enseignant-chercheur de sciences politiques à la Sorbonne, partagé des centaines de fois sur Facebook, a disparu hier de la surface du réseau. Si vous faites partie des internautes qui l'avaient reproduit, vous vous en êtes peut-être rendu compte. Ce n'est que ce mardi midi que les posts ont réapparu.

 

 

Ce texte (ci-dessous) racontait l'agression dont le professeur dit avoir été victime à Saint-Denis alors qu'il filmait au smartphone l'interpellation d'une femme noire sans titre de transport, interpellation par la police qu'il considérait particulièrement violente. Se voyant filmés, les policiers l'ont plaqué au sol, menacé de viol et de mort, assimilé à Daesh et électrisé au taser.

La disparition du message a coïncidé peu ou prou avec la tenue d'une conférence de presse du professeur annonçant le dépôt d'une plainte, et le signalement de l'affaire au défenseur des droits, Jacques Toubon. La police des polices, l'IGPN, a été saisie et une enquête est ouverte. Facebook, de son côté, a rétabli la publication sans fournir plus d'information.

 

 


Photo de couverture : Cc FlickR Patrice Calatayu

 

Par Augustin Arrivé / le 27 septembre 2016

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