Le stand-up débarque au musée

Par Augustin Arrivé / le 28 avril 2015
Le stand-up débarque au musée
Il a déjà un siècle d'histoire même s'il commence à peine à percer en France. Les spectacles de stand-up ont droit pour la première fois à leur rétrospective en France. Ca se passe au centre Pompidou, à Paris, entre Judd Apatow et Nora Hamzawi.

 

 

Après tout, c'est un art contemporain. On a tort de s'étonner, dès lors, que le stand up se retrouve tout ce printemps dans le plus grand musée d'art contemportain de Paris. De Andy Kaufmann, l'affabulateur génial interprété à l'écran par Jim Carrey, jusqu'au Saturday Night Live, dans lequel officia le même Carrey, le stand-up a revêtu des styles très différents. Notre camarade de jeu Mustapha El Atrassi (dont le DVD du nouveau spectacle sort ces jours-ci) et Jimmy Fallon s'adressent tous les deux au public, ils nous font tous les deux plier de rire, mais ils s'inscrivent dans deux écoles différentes.

Stand-up de Jimmy Fallon en ouverture de son "Tonight Show" © NBC, 2014

 

C'est un exercice très pur : un tabouret, un micro, et on se place face au public.


 

Bettina Atala n'est pas vraiment surprise de se retrouver au centre Pompidou (elle jouera à nouveau son spectacle, Une compilation de mes blagues pas drôles préférées du mois dernier, le 16 mai à 17h). 

Il y a une sorte de minimalisme dans le stand-up qui fonctionne bien avec l'esprit de l'art contemporain ou de la danse contemporaine.


 

En quinze minutes, il faut capter son auditoire.  

Le terme d'efficacité est un mot tabou dans le spectacle contemporain, pourtant on recherche une certaine efficacité quand on fabrique quelque chose à voir ou à entendre.


 

Avec Bettina Atala, ça passe par une discussion autour de la fabrication d'un spectacle, ce qui est drôle et ce qui ne l'est pas, une mise en abyme qui fait mouche.

 

Bettina Atala, aux Soirées Nomades, en juillet 2014 © Fondation Cartier pour l'art contemporain

 

L'efficacité dans la vanne, une notion typiquement américaine, le pays d'origine de la discipline. Amélie Galli, la programmatrice du festival, nous explique:

Le stand-up est né au début du XXe siècle, mais son côté politique vient des années 60. Des artistes comme Lenny Bruce, Richard Pryor ou George Carlyn montaient sur scène pour dire des mots interdits à l'époque.


 

L'arrivée à l'antenne du Saturday Night Live en 1975 a dynamité tout ça, ouvrant les portes à la fantaisie la plus barrée, et nous permettant de découvrir des comédiens comme Robin Williams ou Eddie Murphy. Plus tard, d'autres comme Judd Apatow ou Ben Stiller populariseront le genre en multipliant les allers-retours entre scène et cinéma.

 

Stand-up de Robin Williams au "Saturday Night Live" © NBC, 1984

 

C'est avec Gad Elmaleh au début des années 2000 que le stand-up débarque vraiment en France. L'artiste a fait ses classes au Canada, il tentera avec succès d'importer ce rythme en Europe. Jamel Debbouze franchit une étape supplémentaire en montant sur son nom un Comedy Club sur les grands boulevards parisiens.

En sortiront des dizaines de jeunes talents, parmi lesquels Thomas N'Gijol, Malik Bentahla ou le Comte de Bouderbala. Seule différence, d'après Amélie Galli:

On ne boit pas et on ne mange pas au Jamel Comedy Club, alors qu'aux États-Unis la consommation est obligatoire, et les stand-uppers ont l'habitude de s'amuser en disant qu'ils font rire des gens ivres.


 

"Le rap", sketch du Comte de Bouderbala au théâtre du Gymnase, à Paris, en 2010

 

 


 

Un Nouveau Festival, au Centre Pompidou, à Paris, jusqu'au 20 juillet 2015. Trois cycles à venir :

 

  • Stand Up ! : jusqu'au 17 mai
  • Vidéo-danse, le corps en jeu : du 20 mai au 14 juin
  • Extension du domaine du jeu : du 18 juin au 20 juillet

 

 


 

Photo de couverture : Affiche du cycle Stand Up ! au Centre Pompidou

 

Par Augustin Arrivé / le 28 avril 2015

Commentaires