Le permis de conduire rajeunit

/ le 13 juin 2014
Le permis de conduire en 45 jours et à 17 ans
Pour alléger la facture et faciliter l'accès au papier rose, le gouvernement propose d'abaisser à 15 ans l'âge de la conduite accompagnée et de privatiser la surveillance de l'examen du code. Objectif : diviser par deux le délai moyen.

Ah l'année des 18 ans ! Le bac, le permis, le droit de vote, l'alcool, l'entrée easy en club (à condition que votre tête revienne au videur). La liberté quoi. Dans les faits, peu de jeunes attendent la majorité pour outrepasser les interdits, mais ceux qui prennent le volant s'exposent à de sérieux ennuis.


Bientôt, le cap des 18 ans sera moins symbolique pour ceux qui ont la chance de pouvoir (se faire) financer une conduite accompagnée. Elle sera accessible dès 15 ans, l'une des mesures phares de la réforme du permis de conduire que le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve proposera lundi 16 juin au Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR).

Promouvoir la conduite accompagnée

En abaissant d'un an l'âge minimum de la conduite accompagnée, le gouvernement veut permettre aux jeunes conducteurs de passer le permis dès 17 ans et demi. Bernard Cazeneuve souhaite également "mobiliser des bénévoles pour accompagner la conduite des jeunes des quartiers et des secteurs ruraux". Pour les autres, pas de changement, l'examen se passe toujours à 18 ans.


Le ministre proposera également des cours de sécurité routière pour tous les élèves de seconde, sanctionnés par une Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR) niveau 3.

Plus simple, moins long, moins cher

Autre volet de cette réforme : la durée du permis. En moyenne aujourd'hui, trois mois s'écoulent entre l'inscription en auto école et l'obtention du précieux sésame, dans le meilleur des cas. L'attente peut s'allonger indéfiniment en fonction de la disponibilité des inspecteurs, jusqu'à 160 jours en Île de France. Ils sont un peu moins de 1200 aujourd'hui et leur nombre n'augmentera pas.

Pour réduire ce délai à 45 jours, les inspecteurs seront dégagés de l'examen du code de la route dès le 1er juillet, remplacés par retraités de la police et de la gendarmerie. En 2015, la surveillance du code sera confiée "à un prestataire agréé par l'Etat", sans surcoût pour les candidats, selon Bernard Cazeneuve. Le Ministre de l'intérieur espéré dégager ainsi "l'équivalent de 200 postes d'inspecteurs supplémentaires" dévolus à l'examen pratique.


S'il est question de moderniser l'apprentissage du code en mettant au rebut les antiques diapos, l'examen de conduite sera raccourci, passant de 35 à 32 minutes dès le 1er septembre. C'est peut être un détail pour vous, mais cela ouvrira 117.500 places supplémentaires sur l'année.

La vraie bonne nouvelle pour les candidats, c'est la "suppression d'étapes inutiles" comme une manoeuvre. Oublié donc, le créneau de la mort qui tue.


En réduisant les délais, le ministère espère pouvoir peser sur les coûts du permis de conduire : 200 à 600 euros de moins. Car la facture s'allonge toujours en cas d'échec à la première tentative (40% des candidats). Dans l'attente de repasser l'examen, les postulants doivent payer des heures de conduite supplémentaires pour ne pas perdre la main.

Une manne dont les auto écoles devront bientôt se passer.

Envie de passer le permis, mais pas un rond sur votre compte ? Essayez le permis à 1 euro par jour.

Image d'illustration : CC Flickr autolib'


 

/ le 13 juin 2014

Commentaires