Le ni-ni de 50 nuances de Grey : ni navet, ni film culte

Par Valentine Letesse / le 11 février 2015
Le ni-ni de 50 nuances de Grey : ni navet, ni film culte
50 nuances de Grey, l’adaptation cinématographique de la trilogie érotico-sadomasochiste de E.L. James faisait sa grande sortie en salle aujourd’hui. Le tapage marketing d’Universal depuis des mois ne pouvait nous laisser dans l’ignorance. Mouv' a demandé aux premiers spectateurs de ce mercredi leur avis sur ce film très attendu.

Dans une salle sombre au milieu des spectateurs, la rédaction de Mouv’ s’est glissé dans un fauteuil rouge. Le film commence. Des jeunes femmes sont venues en meute pour enfin voir à l’écran l’anatomie de Christian Grey. Ce mercredi matin, pas de mamans adeptes du "Mommy porn", mais des étudiantes curieuses.

Un navet pour les critiques, un bon moment pour les spectateurs

Après 2 heures de film, "c’est une agréable surprise" pour Alma et ses deux copines. Toutes les trois ont lu les livres, et toutes les trois s’attendaient "à un film de cul, on ne peut pas le dire autrement".

 

Seulement, les vingt minutes de scènes de sexe annoncées par la production sont en fait réduites à 12 minutes, montre en main. Si ça n’a pas frustré les jeunes femmes et en a même ravis certaines, d’autres ont beaucoup moins apprécié les cadrages de profil, et la dissimulation du pénis de Christian Grey : les critiques de cinéma. Eux, ont pu découvrir cette bluette dès hier. "Pas très excitant", "sans érotisme", "frustrant", "avec un casting fade ", voilà ce qu’on peut lire sur internet. Mais l’avis du commun des mortels est sur plusieurs points différent.

"C’est bizarre", lâche Maud. Le plus bizarre ? "Les objets de tortures", qui servent en fait de sextoys à Jamie Dornan et à Dakota Johnson. C'est à dire des fouets, des martinets, des liens de serrages, des menottes et une cravate. "Assez incroyable comme film" pour Blanche, 18 ans, qui n’en revient toujours pas. C’est peut être la façon d’utiliser un glaçon de Christian Grey qui l’émoustille toujours.

Agréable, divertissant pour les uns, 50 nuances de Grey est ennuyeux et/ou agaçant pour les autres. Les quelques membres du sexe masculin présents à la séance se sont sauvés en courant du cinéma. Pour Alice, 22 ans, venus par curiosité, "c’était long". "Je n’en pouvais plus de voir l’actrice principale se mordiller la lèvre toutes les cinq minutes. Donc le jeu des acteurs n’est pas terrible mais l’histoire est sympa".

Ni-ni : le film ni pour les parents, ni pour les enfants

"Je me voyais mal demander à ma mère de l’acheter, mais tout le monde en parle !", alors pas question de mourir idiote. Maud et son amie Blanche, ont donc décidé de sécher les cours ce matin, pour s’offrir une séance de cinéma. Les quelques fessées, et les six coups de martinet, c’était une surprise. Une surprise qui pour les deux étudiantes adeptes de l’école buissonnière,  ne doit pas être découverte par tout le monde, en premier lieu par leurs parents.

"Les parents, je pense qu’ils n’ont pas du tout envie de voir ça. Les miens pourtant ils sont super chill (ndlr : relaxe), ils sont vraiment modernes mais, ça va les choquer je pense. Ils vont trouver que c’est complètement sadomaso et que c’est de la folie." Blanche, 18 ans, étudiante.


 

 

Alors si ce n’est pas un film pour la parfaite petite ménagère de 50 ans selon Blanche, c’est pour qui ? Pas pour les plus jeunes non plus apparemment. "Moi mon petit frère il a 14 ans, il est en 3ème : il ne va pas voir ce film. Je suis pour que ce soit moins de 16 ans. On la voit, [ndlr : Anastasia Steele] complètement nue !" Sa copine Maud est d’accord. Et derrière cette (fausse) excuse de pudeur se cache une crainte tout à fait recevable.

Il la fouette et tout… Les gamins de 13 ans, ils vont se dire, "oh c’est comme ça que ça fonctionne une relation


 

Par Valentine Letesse / le 11 février 2015

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