Le milieu des mangas en manga

Par Augustin Arrivé / le 21 août 2015
Le milieu des mangas en manga
Avec "Rin", Harold Sakuishi raconte la rencontre entre un aspirant mangaka et une lycéenne médium. Invraisemblable et pourtant très réaliste.

 

Sous-titrée "La fille qu'il n'aurait jamais dû rencontrer", la nouvelle série de Delcourt met curieusement en avant ce personnage secondaire (qui prendra sans doute de l'ampleur), cette "Rin" qui donne son nom au manga, probablement pour attirer le public des shojos. Rin est pourtant beaucoup bien plus que ça.

Sans présager de ce que sera le tome 3 (à paraître le 16 septembre), on peut déjà souligner le caractère testimonial de l'histoire, celle de Norito Fushimi, réel héros de l'aventure, simple lycéen de province nourrissant le rêve de signer ses propres bandes dessinées. On y découvre la difficulté de se faire un nom, la course aux bourses délivrées par les magazines tout-puissants, la misère des auteurs, contraints de fournir des dizaines de planches pour gagner leur croûte, la rudesse des critiques, enfin, molestant sans vergogne les espoirs des innocents.


Extrait de "Rin, tome 2", par Harold Sakuishi © Delcourt Manga, 2015


"C'est pas un milieu facile", résume le jeune dessinateur après qu'on lui ait rapporté le pétage de plombs d'un collègue courant désespérément après le succès. Et lorsqu'un autre artiste infortuné n'hésite pas à sauter d'un immeuble au risque de sa vie pour une poignée de yens, on salue son obstination plutôt que son dénuement. Norito se félicite donc d'avoir un père employé de papeterie, permettant des économies sur les achats de feuille. On en est là, dans ce monde où renoncer au sommeil n'est plus exceptionnel.


Extrait de "Rin, tome 2", par Harold Sakuishi © Delcourt Manga, 2015


A part ça, effectivement, il y a cette Rin Ishido, lycéenne médium infiltrée malgré elle dans un groupe mafieux après avoir remporté un concours de beauté piloté par un magazine de mangas. L'intrigue la concernant n'en est qu'aux esquisses, un mystère autour de la mort d'un mythe de la BD. On comprend qu'Harold Sakuishi veut nous embarquer sur un terrain plus fantastique. Après tout, ça lui avait réussi avec sa précédente série, Beck, sur le monde de la musique. On aimerait pourtant s'en tenir à cette autocritique, à peine excessive.


Extrait de "Rin, tome 2", par Harold Sakuishi © Delcourt Manga, 2015

 

 


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Illustration de couverture : Rin, tome 2, par Harold Sakuishi © Delcourt Manga, 2015


Par Augustin Arrivé / le 21 août 2015

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