Le héros de "Prison Break" dégomme Poutine

Par Augustin Arrivé / le 22 août 2013
Le héros de "Prison Break" dégomme Poutine
Wentworth Miller fait son coming-out pour dénoncer l'homophobie en Russie. L'interprète de Michael Scofield, héros de la série "Prison Break", révèle son homosexualité dans une lettre adressée à un festival russe de cinéma qui tentait de l'inviter.

 

La "propagande devant mineur des relations sexuelles non-traditionnelles" est passible, en Russie, d'une amende de 125€, davantage si cet activisme est relayé sur Internet. Et les ressortissants étrangers reconnus coupables pourront être emprisonnés quinze jours, astreints à 2.500€ d'amende et expulsés. Ainsi en a décidé Vladimir Poutine, en juin dernier, en promulguant une loi approuvée par le Parlement.

 

Reportage du Journal de 20h de France2, le 11 août 2013 © Alban Mikoczy, France Télévisions

 

Un climat de ratonnades et de haine pas franchement jouasse qui ne convient pas à Wentworth Miller, invité à se rendre le mois prochain au Festival international du film de Saint-Petersbourg. Le comédien, star de la série Prison Break, a décliné la proposition.

 

Dans une lettre ouverte, il se dit indigné par le traitement réservé aux homosexuels dans le pays. "Je ne peux pas en mon âme et conscience participer à un événement organisé par un pays dans lequel les gens comme moi sont systématiquement privés de leur droit fondamental à vivre et à s'aimer."

 

Extraits de la troisième saison de Prison Break © Fox, 2007

 

Le courrier a été publié sur le site de la GLAAD (l'Alliance gay et lesbienne contre la diffamation). Laquelle GLAAD, par la voix de son porte-parole Wilson Cruz, le remercie et encourage d'autres célébrités et organisations à rejoindre son combat contre les "horribles lois russes anti-LGBT".

 

Ce coming-out lui permet aussi d'en finir avec un déni répété depuis plusieurs années. L'acteur assurait jusqu'ici à la presse qu'il cherchait une petite amie mais que sa timidité l'handicapait. Son camarade de la série, Dominic Purcell, renchérissait en interview (ici à partir de 3'10). Un mensonge déjà significatif de la difficulté actuelle d'assumer son orientation sexuelle, même aux Etats-Unis. Alors imaginez en Russie, où vous vous exposez à une violence couverte par le gouvernement.

 

Wentworth Miller au Comic-Con de San Diego en 2010

 

Ce n'est pas la première prise de position publique contre l'homophobie russe. Au début du mois, le président du Comité international olympique a réclamé à Moscou des éclaircissements. Les Jeux doivent être organisés à Sotchi en février et Jacques Rogge a rappelé que le sport était un droit de l'homme qui devait être accessible à tous.

 

Le baiser des relayeuses russes Kseniya Ryzhova et Yulia Gushchina à Moscou © Ria Novosti

 

Puis, samedi dernier, ce sont quatre athlètes russes, médaillées lors des championnats du monde à Moscou, qui ont profité du podium pour s'offrir un french-kiss. La planète entière a cru à un geste de défiance, mais l'une d'elles a retourné sa veste trois jours plus tard en expliquant que ce n'était qu'une tradition russe et qu'elle se sentait "humiliée" qu'on la prenne pour quelqu'un d'autre qu'une "personne normale". Il y a encore du boulot...

 

Thomas Rozec évoquait cette loi russe anti-gay lundi dans le 7/9 du Mouv' avec l'association Russie Libertés. A réécouter ici.

Par Augustin Arrivé / le 22 août 2013

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