Le festival des cinéastes handicapés mentaux

Par Augustin Arrivé / le 23 octobre 2013
Le festival des cinéastes handicapés mentaux
Il y a Cannes, Deauville, Venise, Sundance... Et puis il y a l'Oska Bright Festival, le rendez-vous des cinéastes atteints de déficiences mentales. Tous les deux ans, ils présentent leurs oeuvres. Ca se passera le mois prochain en Angleterre.

 

On connaît des films traitant du handicap mental. Certains sont excellents. Entre vous et moi, qui n'a pas pleuré à la fin du Huitième Jour, avec Pascal Duquenne (prix d'interprétation à Cannes) qui évoquait la trisomie 21 ? Qui n'est pas resté scotché devant le jeu bluffant de Dustin Hoffman en autiste dans Rain Man ? Et je ne parle même pas de Mary et Max, bouleversante animation australienne dont l'un des héros est atteint par le syndrôme d'Asperger. Ah ben si, tiens, j'en parle.

 

Mais il existe aussi des films réalisés par des handicapés mentaux. Et ceux-là, méconnus, traitent rarement du handicap. Parce qu'il n'y a aucune raison de résumer ces artistes à leurs pathologies, après tout. Quand The ShysterShadows réalise My Bloody Valentine, elles nous parlent simplement d'amour, de rendez-vous manqués, de destin.

 

My Bloody Valentine, réalisé par The Shystershadows © 104 films, 2005

 

Pour ce court-métrage, les deux amies de Coventry (Angleterre) ont remporté le prix du meilleur film dramatique en 2005, à l'Oska Bright, un festival consacré à ces réalisateurs un peu particuliers. Cette année, ce sera la sixième édition de l'événement. Tous les styles, de l'animé ou des prises de vue réelles, tous les genres, de la SF à la comédie, tous les âges. Cinquante-sept films projetés, du 17 au 19 novembre.

 

Teaser de l'édition 2013 de l'Oska Bright Festival © Oska Bright, 2013

 

Le festival est né au début des années 2000, quand Junk-TV, une boîte de prod' ciné, s'est rapprochée de Carousel, une association qui aide les déficients mentaux à s'épanouir par les arts. "Le festival permet à ces gens de montrer au monde ce qui est important dans leurs vies : leurs espoirs et leurs peurs", explique Andy Kee, un ancien avocat spécialisé, désormais organisateur de l'événement.

 

Pour éviter d'heurter les sensibilités, les films sont classés par genre, projetés séparément les uns des autres. Le lundi 18 novembre, par exemple, vous pourrez choisir entre la séance de l'après-midi, consacrée aux "films réalisés par des jeunes" et aux "films qui nous font rire", et la séance du soir, qui s'achèvera avec la catégorie "films qui donnent la chair de poule". Les plus fragiles s'abstiendront.

 

Eldar Yusupov, cinéaste israélien lauréat en 2011 pour son film  A Reason to Stay © Oska Bright

 

L'Oska Bright a pris une telle ampleur qu'il regroupe aujourd'hui des oeuvres venus du bout du monde, du Canada à l'Australie, en passant par l'Allemagne ou l'Irlande. L'équipe organisatrice accompagnera ensuite les lauréats en tournée, l'an prochain, pour présenter leur travail, de Prague à Calgary.

 

Par Augustin Arrivé / le 23 octobre 2013

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