Le carnet de bord des playoffs NBA (ep.2) : Triste semaine

Par Julien Bihan / le 21 avril 2017
Le carnet de bord des playoffs NBA (Ep.2) : Triste semaine
« The show must go on », en 1991 les rockeurs de Queen synthétisent parfaitement la situation que la NBA traverse actuellement. Malgré le deuil porté par l’un de ses chouchous, Isaiah Thomas, la machine avance froidement à la cadence des résultats, des statistiques, des highlights, des frasques… Cette semaine, le carnet de bord essuie une larme entre deux chapitres.

Le Super Saïyan : La force mentale d’Isaiah Thomas

 Dimanche 6 avril. Quelques minutes avant le coup d’envoi, le TD Garden s’apprête à rugir pour son premier match de Playoffs. Boston a dominé la conférence Est et affronte des Bulls inconstants tout au long de la saison. La fête ne pouvait être que belle.

Mais quelques minutes avant le coup d’envoi, le TD Garden est endeuillé. Isaiah Thomas, le leader qui a enchanté cette enceinte lors de quatrièmes quarts temps épiques, est assis sur le côté pendant que son équipe s’entraîne. Les yeux humides, le poignet sur le front, la main de son coéquipier et ami d’enfance Avery Bradley sur l’épaule. La veille, le meneur a perdu sa sœur lors d’un tragique accident de la route.

Malgré tout, IT est en tenue. Il tient son poste au milieu des autres Celtics et témoigne d’un état d’esprit héroïque. Boston a perdu, mais ça n’a pas d’importance. « Qui peut se soucier du basketball dans des circonstances comme celle-ci ? » s’interroge LeBron James. Lors de cette confrontation, Isaiah Thomas se démène pour continuer de guider les siens avec aux pieds sa paire de Kobe où il inscrit « R.I.P Lil Sis ». 33 points, 6 rebonds, 6 passes.  Épatant.

Ses coéquipiers l’accompagneront aux funérailles, puis il les rejoindra pour le troisième match de la série à Chicago. Isaiah Thomas force le respect.

 

La fulgurance : Retour sur terre pour la fusée Patrick Beverley

Sur le parquet, Patrick Beverley est plus hargneux qu’un rottweiler qu’on aurait affamé pendant 3 jours puis relâché dans un steakhouse. En plus, celui qui a « le sentiment d’être le meilleur défenseur de la ligue à l’heure actuelle » décuple son engagement quand il croise le chemin de Russell Westbrook. Son os préféré.

Au début du troisième quart temps, le meneur d’OKC remonte la balle et Beverley le suit comme son ombre. Russ’ voit son intérieur Steven Adams poser l’écran, accélère, et force l’atterrissage du Rocket sur Terre. L’avortement de cette mission spatiale ne sera que temporaire, le Houstonien aura tenu l’intenable à 6 sur 23 au shoot.

 

 

La série à mater : Les cerfs peuvent-ils bouffer du vélociraptor ?

Fin du troisième quart temps, DeMar DeRozan pose ses fesses sur le banc de Toronto au BMO Harris Bradley Center. Dépité. Cette nuit, le vendredi 21 avril, l’un des meilleurs scoreurs de la ligue n’a pas réussi à rentrer un seul de ses shoots. Ça ne lui était pas arrivé depuis deux ans et demi… Et c’était aussi contre Milwaukee.

Pire, sa franchise a été tenue à 77 points, leur plus petit total de la saison, et se sont fait dévorer par un écart de 27 points. Y-aurait-il du grabuge dans la chaîne alimentaire ? Les Bucks, 6ème de la saison régulière, pourrait-il porter à leur coup une dent acérée de Raptors, les derniers finalistes de conférence ? La chasse est ouverte en tout cas.

Porté par un Giannis Antetokounmpo (les noms propres sont interdits au Scrabble) qui se mue tantôt en scoreur infaillible sur le match 1 (28 points à 72% de réussite), tantôt en défenseur généreux sur le match 3 (8 rebonds, 2 interceptions, 2 contres) ; Milwaukee étonne. Le Grec emmène un cinq majeur boutonneux à la moyenne d’âge de 23 ans qui a même réussi à surprendre l’expérience de Toronto à domicile. 2-1 pour Milwaukee, affaire à suivre dans la nuit de dimanche.

 

 

Le trashtalking : « Take that for data », la punchline des playoffs

 À l’issue du deuxième match de la série qu’il dispute face à San Antonio, David Fizdale – le coach de Memphis –  se sent floué. Kawhi Leonard vient d’enfiler 39 points, dont 19 au lancer franc. Et Fizdale n’aime pas trop ça…. Morceaux choisis d’une conférence de presse hors du temps :

 

« En première mi-temps on a shooté 19 fois dans la peinture et on a eu 6 lancers. Ils ont shooté 11 fois et ont eu 22 lancers… Je ne suis pas obsédé par les chiffres, mais quelque chose ne va pas là-dedans. Sur tout le match on a shooté 35 fois dans la peinture et obtenu 15 lancers. Kawhi a tiré plus de lancers que toute notre équipe réunie. Expliquez-moi ça ! […] Je ne vais pas les laisser nous traiter de cette façon. Je sais que Pop a des références et que je suis un rookie, mais on ne va pas les laisser nous "rookiser". C'était inacceptable et non professionnel. Mes joueurs se sont arrachés sur ce match mais on ne nous a pas laissé la moindre chance. »


 

Il soupire d’agacement et tape sur la table en concluant sa tirade par : « Take that for data ! »


Mis à l’amende de 30 000 $ par la NBA (prix d’un BMW X7 sur le Bon Coin : 110 000 kilomètres au compteur, 7 places, toutes options), David Fizdale trouve le soutien de Mike Conley qui semble prêt à raquer pour son coach. Un bon coup marketing pour Memphis qui en a directement profité pour inscrire la phrase culte sur t-shirts. « Business as usual ».

 

 

Le « mo’Net » time : #DefendYourMerch


N’en déplaise à LeBron James, une vraie rivalité s’est installée ces dernières saisons entre Cleveland et Golden State.
Dès que l’occasion se présente, l’opposition sportive se transforme en vannes, en trolls ou en batailles sur les réseaux sociaux. Stephen Curry espérait sentir « une petite odeur de champagne » en retournant à Cleveland après avoir emporté le titre NBA sur leur parquet. LeBron James, lui, avait pensé sa décoration d’Halloween en fonction de leur victoire historique de la saison dernière : un photomontage inscrit « 3-1 Lead », un gâteau en pâte d’amande représentant les stèles de Stephen Curry et Klay Thompson.

Mais personne ne s’attendait à la guerre des t-shirts. En temps de playoffs, chaque franchise martèle un slogan : « Run as one » pour les Rockets, « True to Atlanta » pour les Hawks, « Believe Memphis » pour les Grizzlies… Ces petites phrases font l’objet de campagnes de merchandising importantes. Pour lancer sa compétition, Cleveland se rallie derrière « Defend the land » en produisant plusieurs milliers de t-shirts. Quelques jours plus tard, les Warriors annoncent qu’ils prendront pour devise : « Defend our ground ». Une erreur de timing dont se délecte Twitter.


 


Crédits photo : Getty Images

 

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