Le carnet de bord des playoffs NBA (ep. 5) : Marabouts et perturbateurs...

Par Julien Bihan / le 12 mai 2017
Le carnet de bord de playoffs NBA (Ep. 6) 
« Élément perturbateur », la notion rappelle quelques bulletins fâcheux de fin d’année. En NBA, elle regroupe ceux qui viennent troubler l’ordre naturel des choses. La logique.

Il n’y a jamais qu’un seul type de perturbateurs. Quand un pré-retraité empêche un MVP potentiel de devenir le héros de la soirée, c’est un perturbateur. Quand un fan qui mâchouille du pop-corn fait raquer 25 000 dollars à la star de la franchise adverse, c’est un perturbateur. Quand un joueur dont la cheville semble brisée revient au top deux jours plus tard, c’est juste perturbant.

Le Super Saiyan : Gregg Popovich, un sorcier plus puissant que Babidi

Game 2, quatrième quart-temps, le tendon du quadriceps de Tony Parker lâche. Fin des playoffs pour le meneur. Il tournait à 15,9 points en « postseason » et se révèle comme le métronome éternel des SPURS. Game 5, troisième quart-temps, la cheville de Kawhi Leonard lâche. Pas de prolongation et pas de sixième match pour l’ailier. Il tournait à 27,8 points en « postseason » et s’impose année après année comme le joueur majeur des SPURS.

Gregg Popovich, coach historique de San Antonio, collectionne les accrocs lors de la série qui l’oppose à Houston. Peu importe. Lors de l’overtime du match 5, il s’appuie sur le tandem Green-Ginobili pour venir à bout des Rockets. Son équipe prend un avantage décisif avant de filer au Toyota Center qui s’annonce bouillant. Dasn la nuit du 11 au 12 mai, « Pop » a détendu tout le monde. Sans Kawhi et Tony donc, les SPURS ont humilié Houston à domicile.

En l’absence de Néné dans les rangs adverses, le tacticien s’est appuyé sur ses intérieurs. Son pivot, LaMarcus Aldridge, se libère avec son meilleur total de points cette saison, 34. Ses seconds couteaux, Patty Mills et Jonathon Simmons, sont tranchants et aiguisent leur niveau de jeu. Ses pépites, Dejounte Murray et Kyle Anderson, rayonnent. Mais surtout, il a tenu l’armada offensive des Rockets à 75 points et son barbu James Harden à 10 petits points avec un pourcentage de réussite au shoot de même pas 20%. Moche.

Quintuple champion NBA, « meilleur coach de tous les temps » selon LeBron James, 25 votants qui glissent son nom à San Antonio lors des présidentielles ; le sorcier fera face à un nouvel obstacle considérable ce week-end. Il va devoir trouver la formule pour marabouter les Warriors de Stephen Curry invaincus lors des playoffs cette saison.



La fulgurance : À 39 ans, Manu Ginobili contre James Harden comme son fils

Plus que 9,3 secondes au compteur de la prolongation, Houston est menée de 3 points. James Harden a le cuir en main, se défait de Ginobili et s’apprête à prendre un shoot qui permettrait à sa franchise de revenir au score. Mais voilà, le vieux roublard veille au grain et lui arrache le ballon des mains au moment où le meneur arme son tir. En réflexe, James Harden est pris d’un tressaillement qui ne l’honore pas vraiment.

 

Face aux médias, Manu Ginobili, habillé d’une nappe de pique-nique, décrit le moment avec autant d’enthousiasme que le jour où il s’est rendu compte de la généralisation de sa calvitie :

C’était risqué de décider de le contrer mais c’était aussi risquer de le laisser shooter, donc j’ai pris ma chance.


 

La série à mater : Mais qui pourra stopper LeBron James ?

Cette nuit, le Verizon Center vibrera au rythme d’un game 6 qui pourrait conclure une série étincelante entre Washington et Boston. Pendant ce temps-là, LeBron James dans son col roulé bordeaux allumera sa télévision en ouvrant une bouteille de son meilleur scotch et un paquet de TUC. Le King additionne les jours de repos pendant que la bataille fait rage à l’Est. Les CAVS ont balayé cruellement et consécutivement Indiana puis Toronto avec un numéro 23 aux moyennes stratosphériques : 34,6 points, 9 rebonds et 7,1 passes. Le King règne sur la conférence Est. Depuis Boston en 2010, aucune franchise n’a été foutue de le terrasser.

Mais cette année, Washington et Boston semblent avoir du panache. Deux lignes arrières explosives (John Wall et Bradley Beal d’un côté, Isaiah Thomas et Avery Bradley de l’autre), deux raquettes agressives (Marcin Gortat et Markieff Morris d’un côté, Al Harford et Jae Crowder de l’autre) ; le vainqueur de cette série débarquera avec rage et talent pour faire mordre la poussière aux Cavaliers.

Le trashtalking : Isaiah Thomas menace un supporter et doit payer le prix d’une Kangoo

En NBA, les premières rangées des supporters se trouvent à quelques mètres des joueurs. Du coup, certains fans en profitent pour faire un tour dans la tête de leurs adversaires du soir. Lors du match 4 sous tension entre Boston et Washington, Isaiah Thomas se retrouve sur le banc quand quelqu’un l’interpelle dans son dos. Debout, il retire son protège-dents et envoie :

Je vais te monter en l’air et tu le sais bien.


 

Nerveux, le meneur n’aura rien pu faire faire lors de cette opposition pour mener son équipe à la victoire. Malheureux, le meneur se fera aussi mettre à l’amende par la NBA qui le sanctionne à la hauteur de 25 000 $ pour « langage inapproprié ». Pour ce prix-là, ils doivent bien lui livrer un Bescherelle.

 

Le « mo’net » time : Et si Washington avait changé de Morris ?

Deux goûtes d’eau se ressemblent moins que les frères Morris. Même date de naissance, même tête, même poste, mêmes tatouages ; Marcus joue pour Détroit et Markieff pour Washington. Lors de la première confrontation entre les Wizards et les Celtics, ce-dernier prend un shoot en suspension et se tord méchamment la cheville en retombant. L’image glace le sang. Mais il en faut plus que ça pour Markieff :

Bien sûr que je jouerai. Ce n’est pas cassé, c’est comme ça que je fonctionne. 


 

C'est sûr, l’homme a un plan. Deux jours plus tard, il revient avec une performance saisissante : 16 points, 6 rebonds, 3 passes décisives, 2 interceptions et 1 contre. Du coup, Rodger Sherman de The Ringer s’interroge… Washington aurait-il pu échanger un Morris pour un autre ? Depuis Internet ne cesse plus de s’en amuser :

C’est l’autre jumeau Morris qui joue ce soir ??? Pourquoi sa cheville va bien tout d’un coup ??? Où est l’autre ??? Il me faut des réponses.


 

Théorie : Morris semble tellement en forme en ce moment car en fait c’est son frère jumeau Marcus. Ils ont fait un changement comme dans À nous quatre.


 

 

Les gens parlaient encore de la théorie du complot sur les jumeaux Morris quand celui de James Harden, Jason, a joué pour les Rockets ce soir. 


 

Peu à peu, la blague devient une rumeur persistante. Et Marcus a dû la faire taire sur Twitter :

Je ne jouerai jamais pour une autre équipe sauf si c’est la mienne. Belle performance avec une cheville foulée, je ne m’attendais à rien de moins. Ces histoires étaient quand même marrantes.


 

 



 

Crédit photo : Ronald Cortes / Getty

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