Le carnet de bord des playoffs NBA (ep. 4) : Place aux mauvais garçons

Par Julien Bihan / le 05 mai 2017
Le carnet de bord des playoffs (Ep. 4) : Place aux mauvais garçons
La tension est montée d’un cran. Les finales de conférence se rapprochent et les soldats de la Ligue jettent leurs dernières forces dans la bataille, prêts à tout pour sauvegarder leurs intérêts personnels et collectifs...

Le Super Saïyan : Draymond Green, le gardien du temple

À l’ère des réseaux sociaux, l’image de Golden State renvoie aux shoots insolents de Stephen Curry ainsi qu’à ses dribbles chaloupés qui ont récemment fait perdre le sens de l’orientation aux 2 mètres 16 de Rudy Gobert. Toutes ces actions sont uploadées, visionnées et partagées en moins de temps qu’il faut pour un uppercut d’Anthony Joshua à s’écraser sur le menton de Wladimir Klitchko.

Mais en réalité, l’âme guerrière de Golden State est insufflée par un autre, Draymond Green. En début de saison, les spécialistes avaient quelques craintes sur la défense des Warriors avec la perte de leur pivot Andrew Bogut. Lui n’a jamais douté :

Le monde est convaincu que nous avons échangé notre défense pour l’arrivée de Kevin Durant. Je ne suis pas d’accord. En fait, je crois que notre défense a les atouts pour faire mieux que l’année dernière avec notre taille, notre vitesse et notre puissance. Ça m’énerve plus que tout quand j’entends : « Leur défense va craindre maintenant. » Je prends ça personnellement donc ça me motive plus qu’autre chose.


 

Favoris dans la course au « defensive player of the year », Draymond Green continue d’être le moteur du parcours défensif parfait des Warriors en « postseason ». Les joueurs d’Oakland n’encaissent que 100 points par match en moyenne grâce à son ailier fort omniprésent qui tourne depuis le début des playoffs à 8,8 rebonds, 3,3 contres et 2,2 interceptions. Une efficacité qui angoisse ses adversaires à la vue de son numéro 23 comme quand LeBron James attaque le cercle.


La fulgurance : L’arme de destruction massive LeBron James

Depuis quelques minutes, la Quicken Loans Arena entre dans son deuxième tour de playoffs face à Toronto. Le meneur Kyle Lowry transmet le cuir à Serge Ibaka comme un joueur de rugby… Mais LeBron James surgit de nulle part pour intercepter la balle, la transmettre à Kyrie Irving en lui demandant de lui glisser un alley-oop avec l’aide du plexiglas et conclure en écrasant un dunk main gauche d’une violence inouïe. Un moment qui excite une foule transcendée. Dwayne Casey prend un temps-mort pour calmer les esprits mais n’empêche pas sa franchise de perdre de 11 points.

Kyrie Irving se replonge dans l’action :

Je me souviens distinctement l’avoir vu pointer son doigt en haut derrière moi. Mais pour envoyer la balle sur le panneau de cette manière lors d’un match d’une telle intensité, il faut une confiance entre nous deux. Et lui a bouclé cette incroyable action comme une de plus dans nos archives de alley-oop pour Bron et moi.


 

La série à suivre : Une nouvelle discipline voit le jour avec Washington-Boston, la NBA-MMA

Bien qu’il n’y ait pas eu de sang comme dans une cage octogonale, la nuit dernière le parquet de Washigton fut très agité. Simplement lors de ce game 3, Kelly Oubre Jr s’est jeté sur Kelly Olynik avec l’énergie d’un taureau qui aurait bu du Red Bull, Isaiah Thomas a dû refixer la fausse dent qui remplace celle qu’il avait perdue lors d’un contact rugueux le week-end dernier, et les deux poids plûmes Terry Rozier et Brandon Jennings se sont provoqués au point de déclencher une pluie de fautes techniques de part et d’autres. Bouillant.

En plus de cette atmosphère pesante qui fait monter la pression, l’opposition sportive reste haletante. Après un premier match où Boston inverse la tendance alors que les Wizards leur infligent 16 points avant que les Celtics transpercent une première fois le filet, c'est un second match intense qui se termine en prolongations ; Washington réagit à domicile en fessant les Celtics avec un écart de 27 points cette nuit. « On va leur botter le cul pour le quatrième match » a annoncé Gerald Green, le joueur de Boston. Le ton est donné.

En plus, le nerveux John Wall et l’édenté Isaiah Thomas se livrent un duel épique et se répondent tous les soirs à coup de performances hors normes. Notamment lors du « game 2 » quand le premier score 40 points et délivre 13 passes décisives, l’autre répond en alignant 53 points. Une série à ne pas louper.

Le trashtalking : John Wall renvoie le rap game en studio

Lors du match 6 entre Washington et Atlanta, l’opposition est serrée et décisive. Une victoire maintiendrait les Hawks alors qu’une défaite les enverrait directement en vacances à Arcachon. À 4 minutes de la fin le match est serré, c’est le moment que choisit John Wall pour prendre un tir en suspension délicat et donner 9 points d’avance à Washington. Propre. Puis, le meneur pointe son regard sur la première rangée de spectateurs et cible un groupe de personnes composées de Julio Jones (wide receiver des Falcons d’Atlanta), Gucci Mane et Quavo. En conférence de presse, il fait la lumière sur son « trashtalking » :

 Je leur ai dit que j’allais mettre 35 points et qu’on allait gagner. C’est ce qu’on a fait. Pour la Culture...


 

Une petite allusion au dernier album de Migos que lui souffle son partenaire Bradley Beal.


Le « mo’net » time : Évitez de prendre le King pour un bouffon

À la fin du troisième quart-temps du premier match entre Cleveland et Toronto, LeBron James se frustre de ne pas avoir finalisé une action qui lui aurait permis de marquer deux points assortis d’un lancer-franc. Dans le prolongement de sa course, il attrape une bière des mains d’une serveuse et fait mine d’en prendre une gorgée. L’image amuse et fait le tour du Web.

Forcément Great Lakes, le brasseur, rebondit sur cette exposition en tweetant la photo du King tenant la bouteille à la main avec en description « G.O.A.T. with G.O.L.D. », « Le plus grand de tous les temps (G.O.A.T.) avec la G.O.L.D. (abréviation de Dortmunder Gold, leur bière signature).

Tout ça aurait pu être un formidable coup de promotion aussi spontané que le geste du « franchise player » de Cleveland, mais les deux entités ont un antécédent. Lorsque LeBron James a quitté l’Ohio en 2010 pour rejoindre la Floride, Great Lake avait développé un nouveau parfum : « Quitness » (jeu de mot entre « abandon » et le suffixe « ness » propre au jargon des brasseurs). Une boisson qui aurait « un léger arrière-goût décrivant parfaitement l’état d’esprit des supporters de Cleveland ces jours-ci » selon la marque. Mais la vengeance est une bière qui se boit givrée :

Mon agent et mes avocats son en train de s’en occuper mais je sais qu’il ont essayé de tirer profit de mon image […] Et j’ai appris qu’il s’agit de la même entreprise qui a produit les bières « Quitness » qui cherche à se servir de moi de cette façon… Oui c’est assez marrant.


 

 

 



 

Crédit image : Ezra Show

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