Le black metal et la Corrèze rendent-ils terroriste ?

/ le 17 juillet 2013
Le black metal et la Corrèze rendent-ils terroriste ?
Kristian "Varg" Vikernes a été interpelé hier matin dans sa ferme corrézienne. Ce chanteur norvégien de black metal, ouvertement xénophobe, est présenté comme un terroriste en puissance par le Ministère de l'Intérieur.

 

Qui est Varg Vikernes ? Ecoutez le reportage de Sébastien Sabiron :

 

"Varg", le loup en norvégien. Figure du black metal scandinave avec son projet solo Burzum dans les années 90, Vikernes, 40 ans, est soupçonné d'avoir voulu perpétrer un "massacre". A son domicile, les forces de l'ordre ont retrouvé 4 carabines 22 long rifle, acquises légalement par sa femme Marie, avec laquelle Vikernes a eu trois enfants.

Les différents visages de Vikernes

Installé en Corrèze depuis 2010, l'homme a passé 16 ans en prison, condamné à la peine maximale pour assassinat. En 1993, il tue de 23 coups de couteaux Euronymous, alias Øystein Aarseth, guitariste de Mayhem, un groupe rival. Pour sa défense, Vikernes expliquera avoir été menacé à plusieurs reprises par sa victime. A l'énoncé du verdict, derrière sa gueule d'ange, il fanfaronne. 

 

Ce meurtre de sang froid contribuera sans doute à la popularité de Burzum, tout comme les incendies d'églises, dont Vikernes est accusé en Norvège. A l'époque, il est une des figure du "Black Metal Inner Circle", une mouvance sataniste, friande d'imagerie morbide et qui prend part à une cinquantaine d'incendies d'églises. En 2009, le documentaire Until the light takes us retrace le phénomène. Vikernes y est interviewé.

 

Libéré en 2009, Vikernes s'installe en France et sort deux nouveaux albums. Il prend ses distances avec le black metal norvégien et donne libre court sur son blog à une idéologie fondée sur la défense de la "race" européenne, et sur la haine profonde des immigrants et des juifs. Vikernes se recommande de l'Odalisme, un courant néopaien germanique. En 2011 il lance sur son blog un appel à voter Front National.

 

Varg Vikernes pose pour la promo de son disque Umskiptar © M.C. 2012

Dans une interview accordée à Radio Metal en mai 2012, Vikernes affirmait "je me battrais, tuerais et mourrais volontiers pour la France et le peuple français." Sur la grosse radio, il évoquait "d'autres projets assez énormes" qui l'empêcheraient  "de faire quoi que ce soit musicalement ces prochaines années." On ne sait pas s'il fait référence à son film expérimental ou à de plus sombres desseins. Le parquet antiterroriste de Paris sera chargé de tirer tout cela au clair.

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/ le 17 juillet 2013

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