Laurence Rossignol, le voile et l'esclavage #GrosMalaise

Par Sébastien Sabiron / le 31 mars 2016
Laurence Rossignol, le voile et l'esclavage #GrosMalaise
Interrogée sur la "mode islamique", la ministre des Droits des Femmes a comparé les musulmanes acceptant de porter le voile aux "nègres américains qui étaient pour l'esclavage". Terrain glissant, termes inappropriés. Les réseaux sociaux réclament sa démission et Rohff a "la gerbe".

Tourner sept fois la langue dans sa bouche pour éviter de lâcher une énormité. Les politiques sont formés pour ça. Ils ont du "media training", des conseillers en com', des "briefs" avant leurs interventions dans les médias.

Cela n'a pas empêché Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes de déraper dangereusement face à Jean-Jacques Bourdin le mercredi 30 mars (à 5 min 33).


Après la relance du journaliste "certaines choisissent, aussi" (de se vêtir selon les préceptes du Coran), Laurence Rossignol tente un parallèle hasardeux :

Bien sûr, il y a des femmes qui choisissent, il  y avait des nègres afri... heu des nègres américains qui étaient pour l'esclavage, hein.


 

Une petite phrase, immédiatement extraite du contexte global de l'interview et qui a mis les réseaux sociaux à feu et à sang. 


 

 

Autant que l'emploi du mot "nègre" (le "n word", totalement tabou aux Etats Unis, en tout cas dans la bouche des blancs), c'est le parallèle "femmes voilées = esclaves" qui suscite la colère, donnant lieu à de nombreuses tribunes médiatiques.  

Ici, une étudiante musulmane répond à la ministre que porter le voile est affaire de "choix" et de "liberté". Fouad Bahri, rédacteur en chef de Zaman France (déclinaison hexagonale du média turc) estime que l'islamophobie s'est imposée dans le paysage politique français.

Très prompt à réagir, le rappeur Rohff s'est fendu d'un long message sur Facebook, dans la veine "aucun esclave n'était consentant". Non sans déformer au passage les propos de Laurence Rossignol.

//

D'après la Ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, en comparant abusément le port du voile je...

Posté par Rohff Officiel sur mercredi 30 mars 2016

 


"Faute de langage"

 

Voyant le shitstorm arriver, Laurence Rossignol a concédé auprès de l'AFP avoir commis "une faute de langage", sans pour autant retirer ses propos. Sur l'emploi du mot "nègre", elle se justifie ainsi :

 

Le mot “nègre” est un mot péjoratif qui ne s’emploie plus que pour évoquer l’esclavage en référence à l’ouvrage abolitionniste "De l’esclavage des nègres" de Montesquieu. Il n’y a donc pas de provocation de ma part ni de volonté de choquer. C’est un mot que je n’emploie en aucune autre circonstance.


 

Laurence Rossignol concède que "la référence n'était pas évidente". Pas sûr que celà suffise à éteindre l'incendie. Même si de rares médias comme Marianne tentent de voler à son secours, une pétition réclamant une sanction a déja recueilli près de 18.000 signatures à l'heure où nous écrivons ces lignes. 

 


 


Images d'illustration : capture d'écran BFM TV

Par Sébastien Sabiron / le 31 mars 2016

Commentaires