La pub à l'assaut des clips de rap

/ le 24 juin 2015
La pub à l'assaut des clips de rap
Pour son dernier spot publicitaire, Sprite a choisi des égéries de choix : Drake et Nas. La publicité fait de plus en plus appel aux rappeurs. On le voit notamment dans les clips vidéos où, comme au cinéma, le placement de produits devient monnaie courante. Une pratique qui se démocratise dans le milieu du rap français.

Les rappeurs sont décidemment les nouveaux chouchous des publicitaires. Il n'y a qu'à jeter un œil au clip de Maitre Gims, Zombie. On y voit un homme en plein désert remplir de liquide sa cigarette électronique. A coup de gros plans, le réalisateur met en avant la marque d'un fabricant. 

 

Le membre de Sexion D'assaut n'est pas un cas isolé. Boisson énergetique et casque audio pour Orelsan, une marque de baskets pour Soprano. Ces partenariats entre pub et rap se développent depuis cinq ans, via des agences de communication spécialisées, comme celle de Jean-Dominique Bourgeois, Place To Be Media. Pour lui, cette tendance s'inspire des Etats-Unis. 

Les Etats-Unis utilisent le placement de produits dans les clips vidéos depuis plusieurs dizaines d'années. La mentalité n'est pas la même. Chez eux, c'est naturel. Ils ne conçoivent pas de faire un clip sans intégrer de marque. Alors que certains artistes français refusent catégoriquement de s'y associer.


 

Avec ces coups de pub, les rappeurs ont accès à davantage de financements pour leurs clips. De l'argent qui leur permet d'obtenir de meilleurs visuels, et donc de booster la diffusion de leurs vidéos.  

Dans le clip "On s'fait du mal" de Black M, un placement de produit pour un site de vente en ligne.

Du côté des annonceurs, miser sur des rappeurs, c'est toucher une cible jeune, celle des 12/25 ans. Et pour Sindanu Kasongo, journaliste aux Inrocks et auteur du blog Le rap et la plume, la pub ne peut tout simplement plus passer à côté du rap.  

Depuis toujours, il y a des rappeurs avec un discours polissé, mais cela n'empêche pas les marques de ne pas vouloir travailler avec eux pour des questions de racisme social et culturel. Mais aujourd'hui, certains rappeurs sont très populaires, ils ne peuvent plus s'en passer.


 

La démarche n'est pas au goût de tous. Certains craignent le virage marketing des rappeurs. Le message artistique a-t-il toujours une place privilégiée entre deux placements de produits ? Pour Sindanu Kasongo, cette critique est révélatrice d'une mentalité française qui flirte avec l'hypocrisie.

Pourquoi un rappeur ne devrait pas gagner d'argent ? C'est la société qui l'impose et ça pèse sur les rappeurs. Il peuvent parler de ce qu'ils veulent, montrer des voitures avec des jantes. Il ne doit pas forcément y avoir un message, ce n'est que de la musique, une expression artistique.


 

Un avis que partage le rappeur Demi-Portion. Pour ce rappeur indépendant, qui ne pratique pas le placement de produits, il n'y a pas de quoi soulever des polémiques.

En tant qu'artiste, ça ne me dérange pas. Tout dépend de quel produit il s'agit, bien entendu.


  Et d'ajouter, "je pense qu'on fait tous des placements de produits sans vouloir le faire, que ce soit nos vêtements, ou autres objets qu'il y a dans le clip".

La pub à l'assaut des clips de rap, le SUPERLIKE :

 

 


 

Photos d'illustration : capture d'écran YouTube.

 

/ le 24 juin 2015

Commentaires