La projo ciné classée confidentiel

Par Augustin Arrivé / le 11 juin 2013
La projo ciné classée confidentiel
Vous vous pointez déguisé, sans savoir quel film vous allez voir, et on vous balance "Blade Runner" entre quatre gratte-ciel, ou "Paranoïd park" dans un skate-park sous le London Bridge. Le concept "Secret Cinema" prend de l'ampleur au Royaume Uni.

 

Le reportage à Londres de Franck Mathevon

 

9€ la place de ciné, ça fait déjà bien mal au cou. L'équipe de Secret Cinema, elle, propose des tickets à 50€, et vous ne savez même pas quel film on va vous projeter ! Loin de faire fuir le public, le concept cartonne. Il faut dire que Secret Cinema, c'est beaucoup plus qu'une simple projo.

 

Teaser de Secret Cinema #20, printemps 2013

 

L'idée est signée Fabien Riggall, un franco-britannique fan de cinoche et de festoche qui, au début du millénaire, réalisait des courts-métrages et tentait de les projeter par monts et par vaux. Il remarque alors que, quelque soit le mont, quelque soit le val, c'est toujours la même histoire: une salle dans le noir, des fauteuils, silence, projo, puis on rallume et on s'en va. Il trouve ça un peu limité. Le ciné doit être une fête, un partage, des sensations.

 

Alors il commence par casser les murs. Il va projeter des films hors des salles. Et pourquoi pas venir déguisé? Et s'il y avait un spectacle tout autour, avec des vrais comédiens? Tiens, et puis pour rigoler, on va arrêter de renseigner le public: il ne saura ni le nom du film, ni le lieu, avant la dernière seconde.

 

La bataille d'Alger, de Gillo Pontecorvo, sous la surveillance de soldats armés © Secret Cinema

 

Le projet est lancé en 2007. Six ans plus tard, il affiche une vingtaine de films au compteur. Les spectateurs ont assisté à la lobotomie de Jack Nicholson (Vol au-dessus d'un nid de coucous, de Milos Forman) dans l'enceinte d'un vrai hosto. Ils se sont retrouvés dans une prison, déguisés en taulards, pour voir Tim Robbins purger perpét' (Les évadés, de Frank Darabont).

 

"Quand nos grands-parents allaient au ciné, c'était un vrai événement quasi-social", explique Fabien Riggall. "Ce côté partage s'est un peu perdu. Pourtant les gens aiment participer, contribuer à ces séances."  Quatre cycles de projections sont maintenant organisés chaque année.

 

File d'attente pour Prometheus de Ridley Scott, © Secret Cinema 

 

20.000 curieux viennent d'halluciner devant Brazil de Terry Gilliam, dans un immeuble de bureaux. Le staff est composé de 150 bonshommes, dont une soixantaine de comédiens qui rejouent les scènes avant le film. Vous pouvez même profiter parfois d'un repas thématique moyennant un petit supplément.

 

La prochaine étape,  sera de délocaliser le concept. New York, Athènes et Paris sont sur les rangs.

 

Suivez Augustin Arrivé sur twitter > @joel_kienast

 


 

 

Sources:

Fabien Riggall interrogé par le quotidien britannique The Guardian.

L'AFP a assisté à la projo des Evadés de Frank Darabont, en 2012.

Site internet officiel de Secret Cinema.

Par Augustin Arrivé / le 11 juin 2013

Commentaires