La prison de Fleury-Mérogis marquée par une vague de suicides

/ le 09 août 2018
La prison de Fleury-Mérogis marquée par une vague de suicides
Le onzième en huit mois.

Le parquet d'Evry a annoncé hier (mercredi 8 août) le suicide d'un détenu à Fleury-Mérogis (Essonne). Un nouveau suicide qui vient alourdir la série noire en cours dans la plus grande prison d'Europe. En effet, depuis le début de l'année, onze détenus se sont donnés la mort. 

Le dernier en date, un homme âgé de 48 ans, a été retrouvé au petit matin "pendu dans sa cellule avec ses draps", selon les précisions du parquet, qui ajoute que l'homme avait "été vu vivant environ trois quart d'heure plus tôt lors de la ronde précédente". 

Mis en examen pour "des faits de nature criminelle", l'homme était incarcéré depuis le 20 juillet. Il purgeait également une peine de deux mois de prison pour des faits de violences, a expliqué le parquet. Concernant sa personnalité, le déténu était considéré comme"fragile", et les rondes dont il faisait l'objet étaient plus fréquentes, afin de prévenir un "risque suicidaire".

Le lundi 23 juillet, une soixantaine de détenus refusaient déjà de regagner leur cellule, après le suicide de l'un d'entre eux. Face à cette vague inédite, le parquet d'Evry a assuré qu'un "travail va être effectué à la rentrée, en lien avec le parquet, l'administration pénitentiaire et tout le personnel de soins pour déterminer s'il y a des améliorations à effectuer dans la prison". L'administration pénitentiaire pourrait ainsi mettre en place le dispositif dit du codétenu de soutien. Instauré dans 14 établissements, celui-ci a pour but de mettre un détenu spécialement formé à l'écoute, en relation avec un autre, considéré comme étant en détresse psychologique. 

Selon Franceinfo, parmi les 11 suicides enregistré à Fleury depuis janvier, figure notamment un homme condamné à trois mois, pour non paiement de ses billets de transports, ou encore une femme en attente de son procès, et qui était en détention provisoire depuis trois ans. Voilà qui pose la question de qui doit on mettre en prison ou pas. Et ce alors 70 710 personnes peuple nos prisons, dont 53 établissements en surpopulation extrême, selon un dernier communiqué de l'Observatoire international des prisons. 

Pour rappel, 64 suicides sont à dénombrer dans les prisons françaises cette année. Un chiffre en hausse par rapport à 2017 (59), et pour le moment en baisse par rapport à 2016 (71), d'après les chiffres indiqués par la direction de l'administratrion pénitentiaire (DAP). En prison, le taux de suicide est cinq à six fois plus élevé qu'en dehors...  

 


Crédit photo : Julien Mattia / NurPhoto

/ le 09 août 2018

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