La place Maidan twittée sous tous les angles

Par Augustin Arrivé / le 21 février 2014
La place Maidan twittée sous tous les angles
La révolution en cours en Ukraine est relayée, plus que tous les soulèvements populaires récents, par les internautes de la place Maidan. Twitter est devenue l'oeil d'une foule mondiale désireuse d'assister aux combats.

 

Augustin Arrivé, de la rédac' du Mouv', follow l'Ukraine nuit et jour :

 

Il y eut la place Tarhir, la place Taqsim, il y a maintenant la place Maidan. Les situations politiques n'ont rien à voir, les enjeux sont différents, mais à Kiev, comme avant à Istanbul ou au Caire, la contestation se joue désormais également sur internet. Bien sûr, le bras de fer actuel n'existe que par la lutte physique, le sang, les balles et la lacrymo, mais les rapports de force peuvent bouger si l'opinion internationale se mobilise. Qu'on l'appelle "information" ou "propagande", la médiatisation du conflit par les belligérants eux-mêmes devient donc une notion potentiellement décisive.

La base, neutre, c'est de se connecter aux webcams qui surveillent la place de l'Indépendance. Ukr Stream propose un streaming 24/24 cadrant plein pot la haute colonne de Berehynia et les attroupements alentours.

 


Live streaming video by Ustream

 

Spilno-TV, qui s'affiche comme un média pro-manifestant, relaie de son côté l'intérieur des bâtiments du pouvoir, notamment l'Assemblée, où l'on peut suivre les débats parlementaires houleux.

 


Video streaming by Ustream

 

Et puis il y a twitter. Le camp des insurgés y a son propre compte (@EuroMaidanPR). A chaque manifestant tué, on y trouve son identité, son âge, sa photo.

 

 

 

 

Sans parler de l'avalanche d'images postées par ailleurs. Le moindre recoin de la place photographié par des dizaines d'anonymes. Tapez #euromaidan dans la barre de recherches, et c'est une orgie visuelle immédiate. Impossible de rester indifférent à la violence, à l'horreur et au combat politique.

 

Eventail de twitpics aléatoires sur le soulèvement #EuroMaidan ou #євромайдан

 

Depuis ce jeudi, c'est le sort d'une infirmière qui occupe les twittos. Elle s'appelle Olesya Zhukovskaia, on ne sait pas grand chose d'elle, sinon qu'elle est fan de Jared Leto (le premier compte twitter à laquelle elle se soit abonnée). Hier, après avoir reçu une balle dans la gorge, elle a écrit ce message : "je meurs". Etrange réflexe, mais ce post, retweeté près de 6.000 fois, a fait d'elle le symbole de la contestation.

 

 

 

Une photo est venue confirmer cette blessure :

 

 

Pendant plusieurs heures, la planète s'est interrogée sur son état de santé. Finalement, il semblerait qu'elle ne soit pas morte, mais sérieusement blessée, branchée à un respirateur artificiel. C'est ce qu'annoncent les insurgés.

 

 

Un visage jeune, souriant, celui d'une volontaire innocente, le personnage est parfait pour émouvoir la planète. Nous verrons bientôt si son cas fera bouger le pays. Le regard vert hypnotisant d'une enfant afghane de douze ans, photographié par Steve McCurry pour National Geographic, avait eu ce pouvoir de fédérer la planète.

 

Internet, c'est aussi le dernier lien entre les Ukrainiens de France et leurs familles restées au pays. On en avait parlé ici.


Par Augustin Arrivé / le 21 février 2014

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