La nouvelle boss du pouvoir britannique n'est pas qu'une paire de shoes [photos] !

Par Augustin Arrivé / le 13 juillet 2016
Theresa May a remplacé cette semaine David Cameron à la tête du gouvernement britannique. Sa mission principale : négocier la meilleure sortie possible de l'Union Européenne pour son pays. Et accessoirement : faire taire les machistes.

Il n'y a qu'à voir la Une du quotidien The Sun de ce mardi 12 juillet. Alors que les Britanniques changent de Premier Ministre, qu'un vent de défiance plane sur la politique et que l'économie du pays vacille avec le vote de sortie de l'Union Européenne, le tabloïd présente la nouvelle cheffe de l'exécutif sous un angle étonnant, celui des chaussures :

 

 

Des escarpins léopard à talons qui semblent piétiner les têtes des politiciens mâles du pays. Par dessus le marché, le titre de l'article n'indique que le prénom de Theresa May : "La Nouvelle Premier Ministre Theresa peut rassembler les Conservateurs et réaliser le Brexit". Le journal s'est attiré les foudres d'une foule d'internautes atterrés, de part et d'autre de la Manche.

 

 

Sans parler de la critique absurde balancée par sa dernière rivale au poste de Premier Ministre, Andrea Leadsom, qui lui reprochait de ne pas avoir d'enfants, alors que la maternité permettrait, selon elle, de faire de meilleurs dirigeants. L'ex-secrétaire d'Etat à l'énergie s'est, depuis, excusée de cette fourberie "insignifiante et regressive", d'après ce twittos énervé :

 

 

Theresa May a pourtant du pain sur la planche. Et ce n'est pas de ses chaussures qu'on causera aux prochaines réunions du Conseil Européen. Theresa May, treizième chef du gouvernement qu'ait connu la reine, elle occupait le poste de secrétaire d'Etat à l'Intérieur depuis plus de six ans : un record absolu dans le pays. Même les émeutes de 2011, particulièrement violentes (un manifestant avait été tué par la police), ne l'avaient pas éjectée de son poste.

Une image autoritaire qui l'a souvent amenée à être comparée à Margaret Thatcher, l'unique autre exemple de femme Premier Ministre à Londres. Elle veut montrer comme elle une détermination à toute épreuve, et affiche la même politique ultralibérale que sa prédécesseur, au pouvoir de 1979 et 1990, et qui a inspiré la colère des Public Enemy en 1988 :

 

 

Theresa May va très loin sur les questions d'immigration, partisane d'un contrôle renforcé aux frontières. C'est une Eurosceptique de longue date qui a promis aux Britanniques de ne pas revenir sur leur choix de sortie de l'Union. En revanche, elle porte des idées plus sociales que la célèbre Thatcher, prônant notamment davantage d'égalité face à la santé, la justice, les salaires et les études.

Elle est également une figure du féminisme anglais, au point que le Telegraph, autre quotidien national, la présente comme "Le Premier Ministre le plus féministe de toute l'Histoire". Elle avait lancé il y a une dizaine d'année un mouvement politique, Women2Win, visant à réserver davantage de sièges aux femmes au Parlement. Elle a ensuite débloqué des fonds pour lutter contre les mutilations génitales et aider les survivantes, fait voter une loi pour renforcer les sanctions contre les personnes coupables de harcèlement moral et une autre pour autoriser les congés parentaux partagés.

Qu'elle plaise ou exaspère, au moment où commence son nouveau mandat, il est donc en tout cas invraisemblable de la résumer à une histoire de godasses.

 

 


 

Crédit photo : Cc FlickR DFID

 

Par Augustin Arrivé / le 13 juillet 2016

Commentaires