La Fnac lance son offre streaming

/ le 03 mars 2014
La Fnac propose l’intégralité de sa bibliothèque à l’écoute pour 4,99 euros/mois
Le premier disquaire de France lance ce lundi Fnac Jukebox, son service de streaming. Une nouvelle offre d’écoute de musique illimitée en ligne sans publicité ni engagement. Mais… payant.

 

Il y avait Deezer et Spotify. Ils devront désormais compter sur Fnac Jukebox : le groupe français lance ce lundi son nouveau service de streaming, une nouvelle offre d’écoute de musique illimitée, sans publicité ni engagement. Mais, à la différence de ses concurrents, la Fnac a parié sur le tout payant, en justifiant son choix par un confort optimal d’écoute : pas de publicité et des morceaux encodés à 320 kb/s, alors qu’il faut se contenter de 128 kb/s sur les offres gratuites de Spotify ou de Deezer.

200 titres par jour, réécoutables à l’infini

 

L’offre d’appel est proposée à 2 euros : elle comprend l’accès à 200 titres par jour, réécoutables à l’infini. Et sans publicité. Pour 4,99 euros par mois, c’est l’intégralité de la bibliothèque qui est mise à disposition. La Fnac promet plusieurs millions de titres, avec la possibilité de créer des playlists et de les partager.

Jusqu’ici l’offre est plutôt séduisante, mais il y a quand même… un mais : l'écoute mobile n'est pas comprise dans le prix. Comptez cinq euros en plus de l’abonnement pour pouvoir utiliser l’offre sur un smartphones ou une tablette, même sans connexion internet. Ce qui nous amène à presque dix euros.

Les Français, ces Jourdain du streaming

Autre bémol : la Fnac a été discrète sur l’étendue de son catalogue, en évoquant simplement "plusieurs millions de titres", quand ses concurrents revendiquent au moins 30 millions de morceaux disponibles à l’écoute.

L’idée est évidemment de capter une nouvelle clientèle : il n’y a que 8% des Français qui ont souscrit à un abonnement de streaming musical. La plupart des internautes sont, d’une certaine manière, des monsieur Jourdain du streaming : ils font du streaming sans le savoir, et quand ils le font, c’est souvent pour regarder des vidéos.

Il n’y a d’ailleurs à cet égard qu’un petit million de Français qui dispose d’offres payantes de streaming, souvent subventionnées par leurs opérateurs de téléphone.

De l’audace… prudente

Le pari de la Fnac est plus audacieux qu’il n’y parait : le marché des plates-formes de streaming est peut-être porteur, mais pour l’instant, il n’est pas vraiment viable. Ainsi, si Deezer a beaucoup investi à l’international, la plate-forme a plongé dans le rouge l’année dernière, quand Spotify, de son côté, n’est toujours pas rentable.

Son audace, la Fnac semble l’avoir voulue prudente, elle se concentrera uniquement sur le marché français, sans pour autant exclure de négocier à l’avenir des droits à l’international. A terme, elle pourrait ainsi conclure des partenariats avec des opérateurs télécoms, ou des banques, pour distribuer son offre.

Ludovic PAUCHANT

 

/ le 03 mars 2014

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