La fin des acteurs trop payés ?

Par Sébastien Sabiron / le 04 décembre 2014
La fin des acteurs trop payés ?
Selon les Échos, le CNC a pris des mesures pour plafonner le cachet des stars en fonction du budget global de chaque film. Dany Boon et Gérard Depardieu n'ont qu'à bien se tenir.

C'est ce que les américains appellent le "above the line", la surévaluation. Où comment certains acteurs français sont mieux payés que des stars internationales, même en enchaînant les échecs commerciaux. Il y a deux ans, le producteur Vincent Maraval lâchait un pavé dans la mare, décrivant les dérives d'un cinéma français trop subventionné.

Pourquoi, par exemple, Vincent Cassel tourne-t-il dans Black Swan (226 millions d'euros de recettes monde) pour 226 000 euros et dans Mesrine (22,6 millions d'euros de recettes monde) pour 1,5 million d'euros ? Dix fois moins de recettes, cinq fois plus de salaire, telle est l'économie du cinéma français.

Allstar Allstar/FOX SEARCHLIGHT PICTURES/Sportsphoto Ltd./Allstar

Un an après le coup de gueule du patron de Wild Bunch, le rapport René Bonnell sur le financement du cinéma français en remettait une couche, préconisant de plafonner le cachet des stars en incitant au partage des risques commerciaux par un intéressement (moins de recettes, moins de salaire).

Les salaires des stars visés pour la première fois

Si l'on en croit Les Echos, le rapport Bonnell n'est pas resté lettre morte. Le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) a modifié en ce sens sa politique de soutien aux films. Pour faire simple, si le devis artistique du film est jugé "disproportionné", ses producteurs ne toucheront pas les aides publiques en vigueur depuis la Seconde Guerre mondiale.

Stars 80 : 1.8 millions d'entrées, bien en dessous du seuil de rentabilité (3 millions) © Warner Bros France


Toujours selon Les Échos, pour un budget compris entre 7 et 10 millions d'euros, le cachet le plus élevé ne devra pas dépasser 5% du devis. Au delà, la rémunération maximale est fixée à 900.000 euros, quel que soit le devis du film.

Il s'agit seulement de la part fixe du salaire des acteurs, hors éventuel intéressement aux entrées en salles. Les stars peuvent également cumuler plusieurs casquettes (scénariste, coproducteur...) et s'assurer des revenus supplémentaires.

Produits dérivés : sousous dans la popoche © Delcourt


Ainsi, selon le Journal du Dimanche, Dany Boon aurait touché 6 millions d'euros pour Supercondriaque, soit près de 20% du budget global du film. De quoi s'offrir une bonne mutuelle.

 



Image d'illustration : © Pathé Distribution

Par Sébastien Sabiron / le 04 décembre 2014

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