La fascination du rap game pour les gangsters

/ le 11 septembre 2016
La fascination du rap game pour les gagnsters
Inspiration, fascination, fantasme : à travers leur look, leurs blases, leurs lyrics, leurs scénographies, les rappeurs gravitent autour du monde du grand banditisme.

En ce début du mois de septembre, personne ne s’est plus à quel nez se vouer avec la sortie de la saison 2 de Narcos. Cette série suit les traces du trafic de drogues et également celle de Pablo Emilio Escobar Gaviria. C’est un véritable rendez-vous entre les téléspectateurs et le Medellín (Colombie) des années 80, la saison comptabilise une audience de 3,2 millions de personnes par épisode, incluant les mirettes de nos chers rappeurs. Ils sont tels des narcocorridos, ces chanteurs mexicains ventant les mérites des narcotrafiquants, à l’image de Los Cuates de Sinaloa glorifiant Heinsenberg dans la série Breaking Bad. Les rappeurs se sont mis au diapason, à croire qu’ils ont tous croqué dans le même burrito comme pour recevoir une bénédiction de ce dernier. 

« Money stacked up like Pablo, peso after peso, you don’t want to war with Pablo. »« L’argent empilé comme Pablo, peso après peso, vous ne voulez pas entrer en guerre avec Pablo. » (Gucci Mane feat Trinidad James & E-40)

Autre pays, une autre époque… L’état du Sinaloa a remplacé par le département Antioqua (Medellín) et le Mexique a relayé la Colombie, mais souvent on pousse la ressemblance entre ces deux barons de la drogue sud-américains. Les similitudes vont bon train vu qu’El Chapo est en pleine négociation avec Netflix pour adapter sa vie sur nos petits écrans. Joaquín Guzmán Loera de son vrai nom ne fait que défrayer la chronique avec ses multiples évasions. El Chapo s’était évadé d’une geôle mexicaine en juillet 2015 pour la seconde fois, il est retourné par la case en prison comme au Monopoly, le 8 janvier 2016. C’est une nouvelle idole, une nouvelle saveur qui vient étancher la soif des rappeurs… Quitte à les rendre schizophrènes ! 

 « I’m the king of the trap, El Chapo Jr, Anywhere on the map, I bring it to you… » « Je suis le roi de la trap, El Chapo junior, n’importe où sur la carte je te l’apporte… » (2 Chainz – El Chapo Jr) 


Dans la Seine-Saint-Denis, l’arrestation du baron de la drogue donne matière à réflexion : 

« Y’a qu’les chiffres qui se calculent (oseille, oseille), l’instinct c’est l’inspiration (inspiration), bénef de la coke comme El Chapo, ils veulent tous nous mettre en prison… » (Mac Tyer – El Chapo)

« L’homme aux mille visages » 

Les évasions étaient également son point fort mais Jacques Mesrine opérait sur une autre partie du globe bien avant les deux précédents et dans un autre registre : le braquage de banque. L’ennemi public numéro 1 de la France a brillé sur le grand écran avec 4 adaptations dans le 7e art, dont la dernière fut celle avec Vincent Cassel. Celui qui choqua l’hexagone dans les années 70 rend fatalistes des membres du rap game…  

 « J’connais le générique et la fin du film, fils d’ouvrier, tu veux briller, tu finis rafalé comme Jacques Mesrine, sauf que toi, demain on va t’oublier… » (Niro - #BaWéMonAmi)

Les films perpétuant le palmarès de l’homme aux mille visages supplantent la traditionnelle conseillère orientation d’après les rappeurs marseillais de la FF :

« La misère et la déprime poussent au crime, les minots rêvent de la carrière de Jacques Mesrine… » (Fonky Family – La Furie et la foi)

Bonnie & Clyde

Il faut un peu de "glamour" dans ce monde criminel. Dans les années 30, de l’autre côté de l’Atlantique, dans le Sud-Central des États-Unis l’amour se mêlait aux hostilités. Inséparables, Bonnie Elizabeth Parker et Clyde Chestnut Barrow forment un couple dans la vie ainsi qu’un duo dans leurs méfaits : des braquages de banque. Cet amour qui perdure même en plein cœur du crime inspira le cinéma avec 5 films à son actif et le monde de la musique… Double hommage, en 1996 Tupac Shakur cite « Bonnie and Clyde » dans son morceau : « Me And My Girlfriend », ce titre deviendra 6 ans plus tard le refrain du couple le plus influent du hip-hop : Jay-Z & Beyonce qui mettent en scène leur romance : 

 « All I need in this life of sins is me and my girlfriend, down to ride ‘til the very end ; just me and me and my boyfriend… » « Tout ce dont j’ai besoin dans cette vie de péché, c’est de moi et ma copine, on s’éclate jusqu’à la fin, c’est moi et mon mec » (Jay-Z feat Beyonce – Bonnie and Clyde) 

Pour l’auteur de l’album « Rois sans couronne », les Bonnie & Clyde modernes seraient beaucoup plus urbains que l’on pense : 

 « L’amour d’une racaille, la flicaille court derrière moi HLM Bonnie and Clyde… » (Nessbeal – HLM Bonnie & Clyde)

Les rappeurs ont emprunté ce côté contestataire au rock. Quitte à associer les figures les plus subversives à leurs musiques : des hors-la-loi à la classe internationale. Par leur flow, leurs prouesses lyricales, ils veulent choquer le rap game comme ces criminels ont marqué le monde par leurs méfaits.


 

Par Lansala Delcielo
Crédit photo : Netflix

/ le 11 septembre 2016

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