L'ONU s'inquiète de la prolifération des "nouvelles drogues"

Par Sébastien Sabiron / le 04 mars 2015
L'ONU s'inquiète de la prolifération des "nouvelles drogues"
Dans son rapport annuel, l'Organe international de contrôle des stupéfiants s'inquiète des nouvelles substances élaborées pour contourner la législation, présentées sur Internet comme "légales" ou "naturelles". Un "problème de plus en plus grave" de santé publique selon l'ONU,

On connaissait le "Spice", ce cannabis de synthèse vendu sous le terme "encens" sur Internet. En 2009 déjà, les médias s'alertaient des risques pour la santé des consommateurs, qui ignoraient tout des substances contenues dans cet erzatz, pas naturel pour un sou.

Dans son rapport annuel publié le 3 mars 2015, l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) rattaché à l'ONU dénombre pas moins de 388 nouvelles substances psychotropes (répertoriées au 1er octobre 2014). C'est 11% de plus que l'année précédente et deux fois plus qu'en 2009.

 

"Bath Salts" (sels de bain), un composé proche de la methamphétamine © Drug Enforcement Administration


Élaborées dans des laboratoires, ces drogues (cannabinoïdes, phényléthylamine hallucinogènes...) prennent de vitesse les législations sur les stupéfiants. Elles profitent d'une période de vide juridique pour être commercialisées sur le web, de manière "légale". Un phénomène préoccupant pour l'OICS :

Ces substances sont souvent présentées comme des produits "légaux" ou "naturels" remplaçant les drogues placées sous contrôle, ce qui donne à penser, à tort, que si elles ne sont pas placées sous contrôle (...), c'est qu'elles sont sans danger.



A chaque fois qu'une de ces nouvelles drogues apparaît sur le marché, les pouvoirs publics doivent modifier leur classification des stupéfiants prohibés et ont un peu de mal à suivre. D'autant que les trafiquants sont à l'affut: dès qu'un produit est classé comme stupéfiant, il leur suffit d'en modifier une seule molécule pour qu'il échappe de nouveau à la législation.

Essentiellement produites en Chine, ces nouvelles substances inondent le marché américain depuis plusieurs années. Les États-Unis étant de loin les plus touchés par le phénomène.

 

Coke en (rupture de) stock, cannabis plus puissant

Dans son rapport, l'OICS note une baisse importante de l'offre mondiale de cocaïne sud-américaine, fruit d'une chasse aux laboratoires clandestins dans les pays producteurs (Colombie, Bolivie, Pérou). En Bolivie, la culture du cocaïer est tombée à son plus bas niveau depuis 2002.

Conséquence : l'offre se restreint et les prix augmentent (+ 50% en six ans). En Amérique du Nord et dans une moindre mesure en Europe, l'offre de cocaïne en 2014 "est restée très en dessous des niveaux records atteints autour de 2006".

Feuilles de Coca / CC Flickr Christopher Kirk


A l'inverse, le marché du cannabis se porte bien. L'organisation onusienne déplore au passage sa légalisation en Uruguay et dans plusieurs États américains (retrouvez ici nos reportages sur la légalisation dans le Colorado), légalisation qu'elle considère "contraire au droit international".

Autre inquiétude : la teneur en THC (la substance active du cannabis) a augmenté de 37% dans les drogues saisies entre 2007 et 2012 aux Etats-Unis, la hausse allant même jusqu'à 75% pour le cannabis importé.

 



Avec AFP

 Image d'illustration : CC Flickr epSos.de

Par Sébastien Sabiron / le 04 mars 2015

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