L'évolution du statut de Beatmaker grâce à internet

/ le 28 septembre 2015
L'évolution du statut de Beatmaker grâce à internet
Si les beatmakers n’étaient, à quelques exceptions, pas réellement mis en avant, l’avènement d’internet a beaucoup changé la donne en matière de musique. Diabi Taylorisme et Little Rooster nous expliquent leurs visions de l’évolution du statut de Beatmaker.

Internet a changé la donne en matière de musique, et ce ne sont pas les beatmakers qui diront le contraire. Auparavant cantonnés au rôle d’hommes de l’ombre, ils sont désormais tout aussi, si ce n’est plus, importants que les rappeurs. Diabi Taylorisme et Little Rooster nous exposent leurs visions du beatmaker actuel, et son évolution.

La liberté : voila ce qu’a apporté internet dans le milieu de la musique. La liberté d’écouter facilement des sons des quatre coins du monde, la liberté de produire sa propre musique, la liberté de publier gratuitement cette même musique, et enfin la liberté de se faire écouter par un grand nombre d’auditeurs sans contraintes aucunes ou presque.

On a d’ailleurs assisté à une véritable explosion de talents émergent de tout le globe. Les beatmakers ont prit en galon et sont désormais sous le feu des projecteurs.

Pour Diabi Taylorisme, beatmaker de bon nombre d’artistes du collectif 75 e Session ou encore du rappeur Georgio, le fait que les beatmakers soient désormais autant mis en avant que les rappeurs est logique, estimant qu’ « il y a une vraie construction, et une vraie complicité autant sur scène qu’en studio ».

Il ajoute de plus que grâce à internet, "les gens ont commencé à découvrir une nouvelle facette du rap, et à s’y intéresser". Il est désormais « facile de se faire connaître via les réseaux sociaux. »

Même son de cloche pour A Little Rooster, également beatmaker de nombreux rappeurs de la nouvelle génération et de Georgio.

S’il nuance ses propos en expliquant que la tendance ne s’est pas réellement inversée – il y avait déjà des beatmakers très connus tels que Dj Premier – il est clair « qu’internet a énormément joué » et que le « beatmaker est bien mieux placé qu’avant».

Rooster explique aussi que les beatmakers peuvent désormais « devenir directeur artistique, avec un vrai rôle à jouer ». Ils sont désormais à la fois producteurs, arrangeurs et directeurs artistiques.

Diabi et Rooster en back to back

Il y a cependant un revers à la médaille : avec la prolifération de beatmakers, la concurrence est rude, très rude. S’il est possible de trouver un nouveau « Primo », les beatmakers doivent travailler sans cesse afin de ne pas être noyés dans la masse.

Pour Diabi, la musique est devenue instantanée, « c’est de la consommation. S’arrêter sur un seul mec c’est devenu très compliqué et si tu ne sors rien au bout d’un an, t’es mort. »

Rooster aussi parle de consommation de masse, expliquant qu’ « avant il était possible de trouver un nouveau Primo tous les cinq ans, désormais tous les deux mois », mais le problème est autre : « on perd en qualité et en recherche, mais on gagne en diversité ».

Cependant, utilisé à bon escient, internet est « comme la télévision, il faut faire un tri ». Il y a par exemple l’emergence des « beatmakers rappeurs tels que Travis Scott ou encore Big Krit ».

En définitive, tous deux sont d’accord sur le fait que, s’il faut désormais redoubler d’efforts et de persévérance pour se faire un nom, la situation actuelle des beatmakers est bien plus avantageuse que par le passé. Diabi explique ainsi qu’il peut « faire la musique qu’il veut et où il veut, et la diffuser gratuitement et à son rythme » tandis que pour Rooster «il faut juste faire preuve de détermination, sinon notre époque est clairement plus avantageuse pour les beatmakers".  

 


 

Par Raphaël Brami

Crédit Photo : Facebook 


/ le 28 septembre 2015

Commentaires