Kanye West s’échappe en slip de l’hôpital psychiatrique : info ou intox ?

/ le 24 novembre 2016
Kanye West s’échappe de l’hôpital psychiatrique : info ou intox ?
Non, Kanye n’a pas craqué une seconde fois. Mais si vous l’avez cru pendant cinq secondes en cliquant sur ce titre et en voyant l'image, c’est que vous avez du mal à distinguer les vraies infos des fausses ! Et vous êtes loin d’être les seuls d’après une étude américaine.

Sur internet, les fausses infos prolifèrent, parfois plus vite que les vraies. La semaine dernière, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a annoncé qu’il compte renforcer les outils du réseau social pour lutter contre la désinformation. À commencer par leur financement : comme Google, Facebook a annoncé qu’il limitera les publicités et leurs revenus sur les sites qui relaient des informations fausses.

Internet : relais principal de fausses infos

Il faut dire que les réseaux sociaux sont accusés d’avoir trop laissé faire, au point d’influencer la campagne présidentielle aux Etats-Unis, sans compter les sites ouvertement pro-Trump relayant des informations inventées pour nuire à Hillary Clinton. Dans une enquête, le site Buzzfeed révèle que trois mois avant l’élection, les principaux articles relayant des hoax ont été plus souvent consultés via facebook que les enquêtes et reportages des principaux médias américains. Un article intitulé “le Pape François choque le monde en soutenant Donald Trump comme président” a ainsi été lu, commenté ou aimé sur facebook 960.000 fois. Par comparaison, un vrai article sur les faits de corruption de Donald Trump n’a été partagé ou lu que 849.000 fois.

Sur Twitter aussi, certaines informations sont tellement relayées qu’elles en deviennent crédibles, alors qu’elles sont postées par une personne lambda, sans vérification. Pendant les manifs anti-Trump à Austin après son élection, un américain a ainsi tweeté que les manifestants étaient bien organisés, car plusieurs bus étaient garés juste à côté. Le tweet est relayé, jusqu’à Donald Trump... Même si en réalité, ces bus n’avaient rien à voir avec la manifestation en question. Pendant deux jours, c’est donc une information erronée qui est devenue virale.

Les jeunes, cible privilégiée

Cliquer sur un lien qui mène à une fausse information, c’est une chose. La croire, c’est déjà plus problématique, mais c’est pourtant le cas d’une majorité d’adolescents et d’étudiants d’après une étude américaine. Pendant un an et demi, des chercheurs de l’université de Stanford, un établissement très sélectif, ont testé plus de 7.800 collégiens, lycéens et étudiants sur leur capacité à distinguer les informations vraies des fausses.

Parmi eux, les 25 étudiants de Stanford ont dû déterminer quel site était fiable entre celui de l’Académie Américaine de Pédiatrie et celui du Collège Américain des Pédiatres, ce dernier étant un groupe conservateur, parfois qualifié de “haineux”, par exemple opposé au respect des droits des jeunes transgenres ou encore qui lie l’homosexualité à la pédophilie.

Résultat : plus de la moitié des jeunes interrogés ont conclu que l’article du Collège Américain des Pédiatres était plus crédible. Chez les collégiens, le constat est encore plus inquiétant : certains sont incapables de différencier un article et une publicité. Pour résumer, l’un des auteurs de l’étude estime que “la capacité des jeunes à réfléchir concernant l’info sur internet peut être résumée en un mot : désolante”.

 

Comment vérifier les infos ?

En parallèle des jeunes, les chercheurs de Stanford ont fait faire le même exercice à des fact-checkers professionnels. Leur méthode : ne pas se contenter de lire un article, mais se renseigner avec d’autres recherches, qui se traduisent par une multiplication des onglets dans leur navigateur web.

Surtout, ils ne croient ni la description du site lui-même, ni le moteur de recherche (Google, Yahoo…) pour avoir une idée de la crédibilité d’un site. Les liens qui apparaissent en premier dans une recherche Google ou qui sont le plus souvent relayés sur les réseaux sociaux ne sont pas forcément les plus sérieux.

 


Crédits photos : Twitter

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