Johnny, vieille balance !

/ le 08 février 2013
Johnny, vieille balance !
L'autobiographie de Johnny Hallyday est sortie cette semaine : certes, un tissu de vacheries destinées à ses anciens potes. Mais surtout un concentré d'autosatisfaction et de lourde immodestie. Au Mouv', on a regardé ce machin, pour vous en éviter la lecture.

 

Le genre littéraire préféré des vieilles gloires et des mauvais auteurs, c'est le débinage en règle. Le principe est connu : la petite vacherie fait parler, et le clash fait vendre. Quelques rappeurs en mal de rimes prouvent d'ailleurs en ce moment qu'il n'est pas besoin d'écrire un livre, ou d'avoir atteint l'âge de la retraite pour en user et en abuser. Mais dans son autobiographie (écrite en fait par Amanda Sthers), Johnny va plus loin : il défonce quelques anciens potes, dont des morts (là, on ne parle pas de Michel Sardou), et plusieurs ex-membres de son clan.

Johnny la balance

Un des seuls personnages qui trouve grâce "à ses yeux", c'est Depardieu, et c'est dire. Pour les autres, c'est souvent l'exécution en règle. Henri Salvador ? "Un vieux con". Claude François ? "Il draguait mes nanas, et en désespoir de cause, il se tapait mes ex". Adeline Blondieau (sa troisième femme) ? Un "serpent hystérique". Le fiston ? "Elevé dans le confort".

> Bref, tout ça n'est pas très intéressant. Claire Chaudière, de la rédaction du Mouv' :

 

Dans autobiographie, il y a auto

A propos de son Auguste personne, que dit "le cousin de tout le monde" (sic, p73) ? Tout simplement que c'est un "acteur qui chante bien" (resic, p64). Et surtout que le rock'n roll en France est né avec lui :

     "(Mon premier) disque est sorti le 14 mars 1960, et le rock'n roll est né en France ce jour-là, avec moi, et moi je suis né pour la seconde fois".

Toujours plus fort. Mai 68, c'était un peu grâce à lui. Si si :

     "On leur a montré que les choses pouvaient changer (...) J'étais l'emblème des jeunes."

     "(Aujourd'hui) le rap, la techno, c'est pour une génération anesthésiée".

> Pour un anti-gauchiste notoire "un peu exilé à Saint-Tropez", franchement ça craint, mec. L'actu au Karcher (07/02), par Pascal Bertin.

 

Et la bibine ?

Au final, ces 200 pages, dont on ne sait pas si elles sont mal écrites ou mal dictées, puent le mal être. Pour être tout à fait honnête, il faut d'ailleurs bien admettre qu'au détour de certains paragraphes, l'empathie pour le vieux lion blessé remplace ponctuellement la pitié pour le mec paumé.

     "Je devais chanter à la fête de l'Humanité ce jour-là. J'étais dans mon appartement en train de me préparer. Défoncé de fatigue et de drogues. (...) J'avais le droit à un moment de solitude. Je me suis assis cinq minutes sur mon lit au lieu de me préparer, au lieu de suivre mon rythme de machine à chanter. Je ne me suis pas douché ni parfumé, je n'ai pas mis mon costume de scène. J'ai pris la bouteille d'eau de Cologne et j'en ai bu la moitié, je me suis ouvert les veines. Et j'ai attendu. Et j'ai commencé à oublier. Je pense que c'était bien."

 

> Alors, la vieillesse est-elle un naufrage ? Façon de penser (07/02), par Thibaut de Saint-Maurice :

 

Dossier : Benoît Bouscarel

 

/ le 08 février 2013

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