JK Rowling a copié Romain Gary

Par Augustin Arrivé / le 15 juillet 2013
JK Rowling a copié Romain Gary
L'info a fuité ce week-end, l'auteur de la saga Harry Potter a embobiné l'ensemble des critiques littéraires britanniques en publiant discrétos un polar sous pseudo. Une manière d'obtenir un avis objectif sans tapage médiatique. La recette a déjà fait ses preuves.

 

"J'avais espéré garder le secret un peu plus longtemps. Etre Robert Galbraith a été une expérience tellement libératrice." Dixit JK Rowling, la best des best-sellers de la littérature britannique, auteur des aventures en sept tomes d'un petit sorcier courageux.

 

JK Rowling aka Robert Galbraith

 

On ne va pas plaindre l'écrivaine et ses 703 millions d'euros, mais difficile de nier sa réalité : quand on a vendu plus de 450 millions d'exemplaires de son livre pour enfants et qu'on passe au roman policier, on risque d'être attendu au tournant. Pour éviter un délire médiatique. JK s'est donc faite passer pour un autre, un certain Robert, donc, ancien membre des forces armées signant son premier ouvrage, The Cuckoo's calling.

 

 

Bingo : la critique était enthousiaste. Tellement bluffée (c'est le cas de le dire) qu'une journaliste a enquêté pour vérifier l'identité du mystérieux auteur. Il a fallu tomber le masque.

 

Romain Gary

 

Celà étant dit, JK n'a rien inventé. L'exemple le plus célèbre est sans doute Romain Gary. Prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel, publié sous son nom (qui, d'ailleurs, est déjà un pseudo : Gary s'appelle en fait Roman Kacew), l'écrivain-réalisateur-diplomate-génie sait qu'il ne pourra pas décrocher une deuxième fois la même récompense. C'est le règlement.

 

Bouillon de culture du 3 juillet 1981 starring Bernard Pivot © INA

 

Après son suicide en 1980, on apprend pourtant qu'il était également l'auteur de La vie devant soi, chef-d'oeuvre et Goncourt 1975, attribué jusqu'ici à Emile Ajar. C'est son neveu, Paul Pavlowitch, qui avait accepté de jouer, dans les interviews, le rôle de l'écrivain.

 

Honoré de Balzac

 

Un siècle plus tôt, Honoré de Balzac (qui, au passage, n'avait pas de particule à la naissance) signait ses premières oeuvres visage masqué. En 1820, Falthurne est signé Savonati (du nom d'un fictif abbé italien) et en 1823, c'est un dénommé Horace de Saint-Aubin qui rédige Le centenaire ou les deux Beringheld. Horace, Honoré... Ca commence pareil...

 

 

 

L'objectif de Balzac était différent. Pas encore célèbre, il se foutait bien des tournées médiatiques. Mais ces livres étaient des commandes alimentaires rédigées par-dessus la jambe, il n'en était pas fier et préférait ne pas y être associé.

 

Boris Vian

 

C'est plutôt par jeu que Boris Vian se fait passer en 1946 pour un certain Vernon Sullivan, auteur américain de romans policiers, dont il dit avoir traduit en français un premier ouvrage : J'irai cracher sur vos tombes. Le bouquin mêle violence et érotisme. Il est massacré par la critique. Le farceur se marre.

 


J'irai cracher sur vos tombes(1959) par igreclm

 

Boris Vian, fortement soupçonné d'être le véritable auteur, est condamné à quinze jours de taule pour atteinte aux bonnes moeurs (une peine dont il sera immédiatement amnistié) et le livre sera interdit entre 1949 et 1973.

 

Stephen King

 

En 1973, c'est sous le pseudo de Richard Bachman que paraît Rage, le dernier opus de Stephen King. Ici, la démarche est exactement celle de JK Rowling. King, déjà archi-connu pour Carrie et Shining, veut se ménager un petit coin tranquille pour certains romans de son cru. Ca ne se passera pas tout à fait comme il l'espérait :

 

 

 

Le roman raconte comment un lycéen a abattu sa prof de mathématiques avant de prendre sa classe en otages. La réalité rattrapera la fiction : à quatre reprises, de jeunes lecteurs de Bachman se pointeront dans leurs lycées avec des flingues. Bilan total: six morts. En 1999, Stephen King demandera à son éditeur d'arrêter la publication du titre. On souhaite à JK moins d'embêtements. 

 

Par Augustin Arrivé / le 15 juillet 2013

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