Jeu vidéo : le "swatting" fait sa première victime en France

Par Louise Pluyaud / le 12 février 2015
Le "swatting" sévit désormais en France, parmi les joueurs de jeux vidéo. Le phénomène a déjà fait des ravages aux États-Unis. Il s'agit d'un jeu absurde qui consiste à appeler la police paramilitaire et de la convaincre de débarquer chez un adversaire. Bibix, gamer français et première victime du swatting, aurait-il subi la vengeance d'un mauvais perdant ?

Mauvaise nouvelle pour les gamers français, après les Etats-Unis, le swatting débarque en France.

L'expression dérive du S.W.A.T, l'unité de police paramilitaire américaine que des petits malins s'amusent à appeler et convaincre d'intervenir chez un ennemi en prétextant différents scénarios catastrophes.

Outre-atlantique, les victimes sont déjà nombreuses. En France, le gamer Hubert Skrzypek alias Bibix est le premier à avoir fait les frais de cette pratique douteuse.

Mardi 10 février, à Paris, tandis qu'il chassait tranquillement les zombies dans le jeu de survie DayZ, Bibix a donc vu débarquer chez lui un commando de policiers, plus précisément des membres de la Brigade Anti-Criminalité (BAC). Une scène ahurissante à laquelle on pu assister plus de 2 000 personnes.

Il raconte au micro de Jean Zeid pour France Info :

 

Comme tant d'autres joueurs de jeux vidéo, Bibix aime se filmer. Ce soir-là, il était donc connecté à Twitch, une plateforme numérique qui permet aux gamers de diffuser en direct leur partie sur le Web.

 

--> Vidéo : L'arrestation de Bibix par la police

 

Sur les images, Bibix fait preuve d'un grand sang-froid et tente d'expliquer aux policiers qu'il s'agit d'une blague de très mauvais goût. Non, il n'a pas tué sa femme comme le prétend l'auteur de cette fausse alerte.

Les policiers ne veulent rien entendre puis finissent par l'écouter. Lorsqu'ils comprennent qu'ils sont en fait victimes d'un canular téléphonique, leur réaction ne se fait pas attendre. Tous sont consternés, comme en témoigne Bibix :

 

Pour le moment, l'identité de celui qui a passé l'appel reste inconnue. Mais selon le journal Métro, le canular serait l'oeuvre des membres du site ViolVocal, un site de chat de hackers lancé par Grégory Chelli, plus connu sous le pseudo Ulcan. Basé en Israël, ce hacker est un expert du swatting. Il s'est notamment fait connaître en juillet 2014 après avoir envoyé la police au domicile du père d'un journaliste de Rue89.

Comme aux Etats-Unis, le swatting est puni en France. Bibix a porté plainte. Le code pénal punit en effet la déclaration de fausses informations pour provoquer l'intervention inutile des secours. Une enquête a été ouverte. L'auteur de ce canular encourt 2 ans de prison et jusqu'à 30 000 euros d'amende.

 


 

Crédit photo : capture d'écran

Par Louise Pluyaud / le 12 février 2015

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