Jef Barbara: Glam 2013

/ le 30 octobre 2013
Jef Barbara: Glam 2013
Jeudi 31 octobre, le Canadien Jef Barbara est en concert à La Machine, à Paris. Sorti sur le label Tricatel, son deuxième album "Soft to the touch", est l’un des albums importants de cette fin d’année.


Le canadien, Jef Barbara est en concert ce soir à La Machine à Paris. Sorti sur le label Tricatel, son deuxième album "Soft to the touch" est l’un des albums importants de cette fin d’année. 
Matthieu Culleron : As-tu la sensation que l’aspect performance se retrouve dans tes chansons ? 
Jef Barbara : La performance se ressent énormément dans ma musique. C’est une musique très personnelle, très narrative. Pour moi c’est de la musique glam. Au début j’étais moins théâtral car je me concentrais sur l’écriture des chansons. Et puis y’a eu aussi le développement de ma voix que j’ai du améliorer. Au début je faisais du Street Art parallèlement à la musique. J’ai un ami qui m’a suggéré d’incorporer ça dans ma musique en intégrant des éléments de costumes et c’est à ce moment là que j’ai uni les deux. 
MC : Que faisais-tu dans les rues de Montréal ? 
JB : C’était n’importe quoi ! ( rires )… On organisait des défilés de mode où on avait des pancartes avec des messages politiques ou poétiques. Un véhicule d’expression verbal  et corporel. On était travestis et on  défilait comme des mannequins. 
MC : Là, tu portes un badge avec un drôle de message qui peut prêter à confusion si on est très distrait …
JB : Effectivement ! Dessus, il y’a marqué « Oui, je suis Catherine Deneuve » ! 
MC : C’est le genre de messages que tu faisais passer à l’époque lors de tes performances dans la rue ? 
JB : Oui des messages surréalistes, situationnistes. Chaque personne était libre de s’exprimer comme elle l’entendait. On s’organisait pour choquer. Y’avait une notion de provocation. On recherchait les sensations fortes. On s’est déjà fait arrêter à Montréal pour trouble à l’ordre public. 
MC : Comment étais-tu perçue par les gens au Canada ? 
JB : J’aurais plutôt tendance à penser que c’est plus facile de se travestir dans la rue au Canada qu’en France. Les canadiens recherchent moins la confrontation sociale. Les gens sont plus individualistes et de ce fait les gens s’affrontent moins.
 Les gens, quand ils te voient travestis disent : « c’est ton problème », ils s’en fichent un peu. Ici à Paris, j’ai attiré regards bizarres. Je me suis fais traiter de tous les noms dans la rue. Mais bon, ce n’est pas si agressif, ce n’est pas la fin du monde. Au Canada c’est plus soft, j’ai l’impression. 
MC: Comment as-tu commencé à écrire des chansons ? 
JB: J’écrivais mes chansons de mon coté avec des logiciels. Via une annonce j’ai rencontré des musiciens et j’ai monté le groupe Jef and the Holograms.  Je fais de la musique sérieusement depuis environ 10 ans. Mais j’ai « endisqué » pour la première fois en « self-release » un truc complètement « do it yourself » sans label en 2009 avec mon groupe. 
On a sorti un maxi à ce moment là.  J’ai aussi produit une série de singles avant de me faire repérer par la maison Tricatel. Avec ce dernier album, j’avais envie de m’éloigner des sons séquencés et très « électronisants ».  Je voulais quelque chose de plus organique. 
MC: La musique, c’est un truc de famille ? 
JB : Ma mère aurait souhaité que je sois un musicien plus sérieux. On m’a donc forcé à prendre des cours de solfège et de piano classique. Ça m’a donné quelques notions de base que j’ai gardées en moi. Je suis capable de lire la musique par exemple. Mais je dirais que ce que je fais s’inscrit plus dans la performance et dans l’écriture des chansons. 
MC: Au delà des références 80, il y’a dans cet album un mélange de pop américaine et de références très anglaises …
JB : Je n’aime pas trop me dévoiler ou me réduire à une série d’artistes de référence. C’est vrai que sur l’album une chanson comme Chords fait écho à des références de groupes anglais que j’aime. Parmi ces groupes « référence »  il y’a The Smiths ou encore Jesus and Mary Chains. Mais, bon … j’aime aussi des trucs beaucoup plus commerciaux comme Paula Abdul ou Bonnie Tyler par exemple ! 
MC: Tu parlais de cette chanson Chords, c’est un titre où tu partages le chant avec Laetitia Sadier, chanteuse de Stereolab. Stereolab , un groupe culte des années 90 …
JB: Oui, mais bizarrement moi je n’étais pas particulièrement fan de Stereolab. La rencontre s’est faite par hasard et via le label Tricatel et April March. 
MC: Il y’a également une reprise sur cet album : Erection  
JF: J’ai littéralement bandé pour ce titre de Mag & the Suspects ! ( rires ). C’est  un groupe anglais du début des années 80 qui n’a fait qu’un disque je crois ( NDLR deux Eps et trois 7’’ ) . Tout me plait dans cette chanson, la musique, les paroles et bien sur l’humour qui s’en dégage. 
MC: Il n’y’a pas une semaine sans que l’on nous parle d’un nouveau groupe de Montréal, ça correspond à une réalité artistique selon toi ? 
JB: La configuration sociale, identitaire de Montréal, métropole francophone situé dans un bassin anglo-saxon contribue à faire de cette ville ce qu’elle est depuis 15 ans. Après, est-ce que ce buzz est réel ? C’est la question. Est-ce que les groupes sont plus intéressants à Montréal qu’ailleurs ? Je ne sais pas. C’est peut être du marketing.  
Mc: As-tu eu du mal à t’intégrer à une scène en particulier sur place ? 
JB: Moi j’ai eu beaucoup de difficultés au début à trouver une communauté musicale à Montréal. J’adore le hip-hop, le rap, j’ai grandi en écoutant cette musique mais ce que je fais ça n’a rien à voir avec ces styles. Je me suis intéressé à la scène rock indé. Mais je me suis rendu compte qu’en dépit des prétentions d’ouverture de cette scène, les indie rockers ne sont pas particulièrement  ouverts.
 J’ai donc continué à évoluer par moi-même et, je ne sais pas si c’est le fait d’avoir rencontré les bonnes personnes, mais finalement je trouve qu’à Montréal la pop et musique électronique réunissent de plus en plus de monde. Par exemple, le label Visage Musique (https://soundcloud.com/visagemusique  ) ne sort que de la musique coldwave et minimal synths, ce qui n’existait pas y’a de ça 5ans…
Tu reveux du champagne ? 

Le dernier album de Jef Barbara réussit en une dizaine de titres à digérer trente ans de pop avec une classe et une assurance qui force le respect. Entre rock pailleté et synthés années 80, ce funambulisme musical propulse cet artiste directement vers le top 20 des meilleurs albums de l’année 2013. Rencontre.


Matthieu Culleron : As-tu la sensation que l’aspect performance se retrouve dans tes chansons ? 

Jef Barbara : La performance se ressent énormément dans ma musique. C’est une musique très personnelle, très narrative. Pour moi c’est de la musique glam. Au début j’étais moins théâtral car je me concentrais sur l’écriture des chansons. Et puis y’a eu aussi le développement de ma voix que j’ai du améliorer. Au début je faisais du Street Art parallèlement à la musique. J’ai un ami qui m’a suggéré d’incorporer ça dans ma musique en intégrant des éléments de costumes et c’est à ce moment là que j’ai uni les deux. 

MC : Que faisais-tu dans les rues de Montréal ?


JB : C’était n’importe quoi ! ( rires )… On organisait des défilés de mode où on avait des pancartes avec des messages politiques ou poétiques. Un véhicule d’expression verbale  et corporelle. On était travestis et on défilait comme des mannequins. 


MC : Là, tu portes un badge avec un drôle de message qui peut prêter à confusion si on est très distrait …

JB : Effectivement ! Dessus, il y a marqué "Oui, je suis Catherine Deneuve" !

 

MC : C’est le genre de messages que tu faisais passer à l’époque lors de tes performances dans la rue ? 

JB : Oui des messages surréalistes, situationnistes. Chaque personne était libre de s’exprimer comme elle l’entendait. On s’organisait pour choquer. Il y avait une notion de provocation. On recherchait les sensations fortes. On s’est déjà fait arrêter à Montréal pour trouble à l’ordre public. 

MC : Comment étais-tu perçu par les gens au Canada ? 

JB : J’aurais plutôt tendance à penser que c’est plus facile de se travestir dans la rue au Canada qu’en France. Les Canadiens recherchent moins la confrontation sociale. Les gens sont plus individualistes et de ce fait les gens s’affrontent moins. Les gens, quand ils te voient travesti disent : "c’est ton problème", ils s’en fichent un peu.

Ici à Paris, j’ai attiré regards bizarres. Je me suis fais traiter de tous les noms dans la rue. Mais bon, ce n’est pas si agressif, ce n’est pas la fin du monde. Au Canada c’est plus soft, j’ai l’impression. 



MC: Comment as-tu commencé à écrire des chansons ? 

JB: J’écrivais mes chansons de mon côté avec des logiciels. Via une annonce j’ai rencontré des musiciens et j’ai monté le groupe Jef and the Holograms.  Je fais de la musique sérieusement depuis environ dix ans. Mais j’ai "endisqué" pour la première fois en self-release un truc complètement do it yourself  sans label en 2009 avec mon groupe. On a sorti un maxi à ce moment là.  J’ai aussi produit une série de singles avant de me faire repérer par la maison Tricatel. Avec ce dernier album, j’avais envie de m’éloigner des sons séquencés et très "électronisants".  Je voulais quelque chose de plus organique. 

MC: La musique, c’est un truc de famille ? 

JB : Ma mère aurait souhaité que je sois un musicien plus sérieux. On m’a donc forcé à prendre des cours de solfège et de piano classique. Ça m’a donné quelques notions de base que j’ai gardées en moi. Je suis capable de lire la musique par exemple. Mais je dirais que ce que je fais s’inscrit plus dans la performance et dans l’écriture des chansons. 

MC: Au delà des références 80's, il y’a dans cet album un mélange de pop américaine et de références très anglaises …

JB :

Je n’aime pas trop me dévoiler ou me réduire à une série d’artistes de référence.


 

C’est vrai que sur l’album une chanson comme Chords fait écho à des références de groupes anglais que j’aime. Parmi ces groupes "référence"  il y a The Smiths ou encore Jesus and Mary Chains. Mais, bon…  j’aime aussi des trucs beaucoup plus commerciaux comme Paula Abdul ou Bonnie Tyler par exemple ! 

MC: Tu parlais de cette chanson Chords, c’est un titre où tu partages le chant avec Laetitia Sadier, chanteuse de Stereolab. Stereolab , un groupe culte des années 90 …

JB: Oui, mais bizarrement moi je n’étais pas particulièrement fan de Stereolab. La rencontre s’est faite par hasard et via le label Tricatel et April March. 


MC: Il y a également une reprise sur cet album : Erection  

JF: J’ai littéralement bandé pour ce titre de Mag & the Suspects ! (rires). C’est  un groupe anglais du début des années 80 qui n’a fait qu’un disque je crois (NDLR deux Eps et trois 7’’ ) . Tout me plait dans cette chanson : la musique, les paroles, et bien sur l’humour qui s’en dégage. 


MC: Il n’y a pas une semaine sans que l’on nous parle d’un nouveau groupe de Montréal, cela correspond à une réalité artistique selon toi ? 

JB: La configuration sociale, identitaire de Montréal, métropole francophone située dans un bassin anglo-saxon contribue à faire de cette ville ce qu’elle est depuis 15 ans. Après, est-ce que ce buzz est réel ? C’est la question. Est-ce que les groupes sont plus intéressants à Montréal qu’ailleurs ? Je ne sais pas. C’est peut être du marketing.  


MC: As-tu eu du mal à t’intégrer à une scène en particulier sur place ? 

JB: Moi j’ai eu beaucoup de difficultés au début à trouver une communauté musicale à Montréal. J’adore le hip-hop, le rap, j’ai grandi en écoutant cette musique mais ce que je fais ça n’a rien à voir avec ces styles. Je me suis intéressé à la scène rock indé. Mais je me suis rendu compte qu’en dépit des prétentions d’ouverture de cette scène, les indie rockers ne sont pas particulièrement  ouverts. 

J’ai donc continué à évoluer par moi-même. Et je ne sais pas si c’est le fait d’avoir rencontré les bonnes personnes, mais finalement je trouve qu’à Montréal la pop et musique électronique réunissent de plus en plus de monde. Par exemple, le label Visage Musique ne sort que de la musique coldwave et minimal synths, ce qui n’existait pas y’a de ça cinq ans… Tu reprends du champagne ? 

Jef Barbara en huit titres

 

 

Wham ! - Club Tropicana

Paula Abdul - Straight Up

The Smiths - There is a light that never goes out

Sparks - Tryouts for the Human Race

Serge Gainsbourg - Hôtel Particulier

Mag & The Suspects - Erection

Soft Cell - Bedsitter

Jesus and Mary Chain - Happy When It Rains

 

 

/ le 30 octobre 2013

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