James Bond : Au service secret de sa BD

Par Augustin Arrivé / le 08 novembre 2016
James Bond : Au service secret de sa BD
Les éditions Delcourt lancent une série de comics "007", l'une des premières tentatives d'adaptation de la franchise en BD. Le résultat est une série extrêmement noire, parfois violente, plutôt très aboutie.

En tant que fan de polars et de récits d'espionnage, je dirais que James Bond est le père de tous ces héros.



Thierry Mornet, responsable du catalogue comics chez Delcourt, semble fier d'avoir récupéré les droits d'édition de la licence. Avec Vargr, sorti en octobre, il inaugure une nouvelle série (le tome 2 sera publié au printemps prochain), chapeautée par deux Américains de l'écurie Marvel (Warren Ellis, scénariste de plusieurs Iron Man, et Jason Masters, dessinateur de récents Gardiens de la Galaxie) mais toujours labellisée "Ian Fleming Estate" (les héritiers de l'auteur ayant validé chaque planche). En terme de fidélité à l'oeuvre originale, on peut difficilement faire mieux.

Extrait de "James Bond, t1: Vargr", par Warren Ellis et Jason Masters © Delcourt, 2016


Le pitch tourne autour de l'apparition au Royaume Uni d'une drogue trafiquée, porteuse d'un virus mortel. L'agent double zéro est envoyé en mission à travers l'Europe pour neutraliser les narco-terroristes. L'univers est crépusculaire, les cases parfois très trashs, entre camés misérables au bord de l'overdose et crânes fracassés par des munitions à fragmentation. On est loin des blagues de Roger Moore, plutôt dans la lignée du Daniel Craig torturé des derniers opus ciné.

L'interprétation de Craig est plus proche des bouquins d'origine de Ian Fleming : celle d'un personnage buriné, noir, loin du jeune premier aux dents blanches et à la mèche bien coiffée. Ce personnage cabossé est d'autant plus intéressant.



Extrait de "James Bond, t1: Vargr", par Warren Ellis et Jason Masters © Delcourt, 2016

 

Que les amateurs de chaussures-talkie-walkie ou de rayons lasers cachés dans des lunettes passent leur chemin : pas de gadgets dans ce nouveau projet. "Certains films avaient tendance à le transformer en super-héros invincible. Nous avons ici affaire à un homme, avec ses blessures physiques et psychologiques, qui tente malgré tout de sauver le monde." Les Batman de Christopher Nolan sont probablement passés par là.

On souhaite sincèrement bonne chance à ce nouveau 007, très abouti. Le pari de l'éditeur ("Aller chercher des facettes complémentaires du personnage pour enrichir son histoire") n'est pas forcément gagné : les rares tentatives d'adaptation de la saga James Bond en bande dessinée sont jusqu'ici tombées dans l'oubli. Les premiers strips parus dans la presse quotidienne dès 1958 n'ont pas fait date, et l'un des derniers albums édités en France (James Bond, les origines : Silverfin chez Casterman, en 2009, qui racontait la jeunesse du héros), ne fut qu'un "one-shot". Ce Vargr est un nouveau départ. Peut-être (enfin) le bon.

 

Extrait de "James Bond, t1: Vargr", par Warren Ellis et Jason Masters © Delcourt, 2016

 



Illustration de couverture : James Bond 007, tome 1 : Vargr, par Warren Ellis et Jason Masters © Delcourt, 2016

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Par Augustin Arrivé / le 08 novembre 2016

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