In memoriam : quand Boutros Boutros-Ghali recevait Ali G [vidéo]

Par Augustin Arrivé / le 17 février 2016
In memoriam : quand Boutros Boutros-Ghali recevait Ali G [vidéo]
L'ancien secrétaire général des Nations Unies est mort ce mardi à l'âge de 93 ans. Le diplomate avait reçu les plus grands dirigeants de la planète... et Ali G, le rappeur frimeur inventé par Sacha Baron Cohen. Séquence culte.

 

Nous étions en l'an de grâce 2003, les Etats-Unis venaient de se lancer dans la piteuse guerre d'Irak, la RDC se relevait lentement de l'assassinat de son président Laurent-Désiré Kabila et la navette spatiale Columbia explosait en vol. Pour autant, Boutros Boutros-Ghali, ex-boss de l'ONU (de 1992 à 1996) et ex-patron de la francophonie (de 1997 à 2002) avait du temps à perdre. Et on l'en remercie.

Le diplomate égyptien accepte donc de recevoir Ali G, rappeur gangsta de bas-étage s'illustrant régulièrement à la télévision britannique (et qui vient de faire l'objet d'un film, Ali G Indahouse, qu'on vous conseille vivement). Son interprète, Sacha Baron Cohen, se pointe au siège des "United Nations of Benetton", à New York, pour rencontrer "ces mauviettes qui n'aiment pas la guerre et gâchent le plaisir de ceux qui la kiffent".

 

 

Boutros Boutros-Ghali n'a pas l'air plus étonné que ça quand le blaireau qui lui fait face lui demande en guise d'introduction, si Disneyland est un pays-membre de l'ONU. "Non", répond le vieil homme, "Disneyland n'est pas un Etat indépendant". Ali G insiste : "Mais dans 100 ans, vous pensez que ça le deviendra ?" "Non, ils ne font pas de politique."

Et s'il accepte de traduire "shit" en français, il refuse en revanche de désigner "la langue la plus ridicule parlée aux Nations Unies".

J'étais secrétaire général des Nations Unies, je me dois de rester poker-face.


 

L'homme politique visiblement s'amuse. Il accepte dans une ultime séquence de répéter les bêtises de son interviewer : "Posez vos flingues et écoutez Bob Marley !" Bon, c'est sûr, la séquence le rend plus sympathique que son bilan à l'ONU, marqué par le génocide au Rwanda et la guerre de Bosnie. De ça, Sacha Baron Cohen ne parle pas.

Dans la suite de son reportage (visible ici), Ali G embête l'un des responsables des relations publiques de l'ONU, qui lui fait visiter la Chambre du Conseil de sécurité. En passant devant le fauteuil de la Jordanie ("Jordan" en anglais), il s'étonne qu'un sportif ait droit à un siège ici. "Il ne s'agit pas du fauteuil de Michael Jordan", corrige en souriant le dénommé Grid Rroji. "C'est celui du représentant jordanien, un pays du Moyen-Orient." Cocasse.

 

 


 

Crédit photo : affiche du film Ali G Indahouse, de Mark Mylod © StudioCanal, 2002

 

Par Augustin Arrivé / le 17 février 2016

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